Qui suis-je?

Soulever le voile

J'ai fait carrière derrières les fourneaux pendant 47 ans. Il y eu d'abord ceux de mon "tour de France", puis les miens propres, dans le Jura d'abord puis dans ma chère Bourgogne, en Saône et Loire. Je suis maintenant retraité et me consacre à la rude tâche de soulever le voile...

Résolument penseur libre, a-religieux et mécréant, mais indifférent aux croyances pour autant qu'elles ne s'arrogent pas le droit d'empiéter sur la vie des gense en général et sur la mienne en particulier, en clair, je suis donc aussi résolument anticlérical, car c'est de cette engeance que viennent presque tous les malheurs du monde.

Ce blog, que j'ouvre aujourd'hui, sera le reflet de ces positions, il accueillera par ailleurs des textes d'amis, s'ils le désirent.

À tous salut et fraternité.

Orlando Furioso

Le geste d'amitié.

Finauderies religieuses et rationalisme

 

 

  Finauderies religieuses et Rationalisme

 

Face à l'hypothèse invérifiable de Dieu, il convient dans un premier temps de suspendre tout jugement pour y regarder de plus près.

 

Dieu comme magie ?

 

Tout d'abord, croire en Dieu, quelle que soit la philosophie ou la religion dont on se réclame, revient de fait à postuler l'existence d'une conscience psychique et morale organisatrice, voire créatrice du monde. Dans cette hypothèse, la création serait l'opération ex nihilo d'un principe (?) lui-même incréé, i.e. un Rien venu de rien créant de rien un Tout organisé. Magie ?

 

L’existence du mal serait le dessein de Dieu pour mesurer « l'amour et l'obéissance de sa créature ». Un doute sur la Perfection.

 

Ensuite, la dualité du bien et du mal, dans ce monde prétendument créé par cette Cause Première, dotée de tous les attributs et pouvoirs possibles dont les hommes gratifient la divinité : prescience, omniscience, omniprésence, aséité (cause de soi), infinitude, éternité, etc.  (la Perfection, quoi !), pose problème. En fait, c'est une aporie parce que le mal, en bonne logique, ne peut pas, dans de telles conditions, ne pas Lui être imputé ; ce que les croyants ont bien du mal à admettre en objectant que l’existence du mal est le dessein de Dieu pour mesurer « l'amour et l'obéissance de sa créature » (sic), ou bien il aurait réalisé un retrait sur Lui-même afin de laisser le libre arbitre à sa créature. Si cela était vraisemblable, on ne pourrait que retenir, dans le premier cas, qu'il connaît le doute, ce qui lui retire de facto la Perfection et qu'Il aurait ainsi conçu le crime pour avoir des criminels à juger et avoir la jouissance de pardonner... ou de punir, selon une jurisprudence n'appartenant qu'à Lui. Dans le second cas, c'est la prescience singulièrement inutile et inefficiente, qui fait du tort à la Perfection. Toutes ces contradictions réduisent à rien le postulat de la Perfection.

 

Le basculement que prétend opérer le Nouveau Testament du Dieu Vengeur au Dieu d'Amour ne résiste pas à l'examen.

 

Il est quelques autres ratiocinations de même veine, parmi lesquelles on citera la Trinité, le mythe de la Vierge enfantant, la transsubstantiation, et bien d'autres qu'il n'est pas dans mon propos de décortiquer ici. L'Ancien Testament nous a conté les tourments qu'un Dieu vengeur et perpétuellement courroucé a infligés au « Peuple élu », le détail en est ahurissant. Lecture littérale ou pas, (argument cent fois ressassé contre notre scepticisme), le basculement que prétend opérer le Nouveau Testament vers un Dieu d'Amour ne résiste pas à l'examen non plus. Le fonds de commerce du christianisme, qui en est issu, reste la culpabilité, cette vieille lune vétérotestamentaire, qui condamne à tout jamais l'homme à rester l'enfant qu'on admoneste et qui ne saurait trouver sur cette terre (ici-bas, comme ils disent) le bonheur, la tranquillité d'esprit ou quoi que ce soit qui lui permette d'échapper au tourment de vivre mal pour gagner un Ciel de joie éternelle... ou un Enfer, pire que la vie terrestre. La préoccupation du bonheur terrestre, chère aux païens et aux philosophes, est étrangère à la pensée des monothéismes. Camus le dit : [nous n'avons pas] : « à mourir pour produire l'être que nous ne sommes pas, nous avons à vivre pour créer ce que nous sommes. »( L'homme Révolté). La seule réalité est ici et maintenant, il faut aimer sa vie, quelle qu'elle soit, c'est l'amor fati de Nietzsche.

 

Le dévoilement progressif, que permet la science, sera toujours un objet d'émerveillement ; débarrassé de la crédulité, il laissera le livre de la Nature grand ouvert, pour une lecture attentive et modeste

 

Face à de telles élucubrations fondées sur la culpabilité, le dolorisme et la soumission, le rationaliste ne peut que se cabrer et se tourner vers l'expérience vérifiable et reconductible, tout en ayant présent à l'esprit que, si la révélation ne peut représenter quoi que ce soit de sérieux, le dévoilement progressif, que permet la science, sera toujours un objet d'émerveillement ; débarrassé de la crédulité, il laissera le livre de la Nature grand ouvert, pour une lecture attentive et modeste. « Chacun, si l'on suit Hubert Reeves, doit atteindre l'âge adulte, c'est-à-dire, lui-même élaborer ses propres vérités. ». L'athée n'attend rien d'un au-delà immatériel et chimérique, mais se passionne pour la vie qu'il vénère comme un privilège et qu'il cherchera toujours à rendre plus agréable et plus féconde, tout en étant attentif à toutes les autres formes de vie qui l'environnent. Il sait qu'il est, toujours d' Hubert Reeves, « poussière d'étoile », partie intégrante de l'Univers, ni plus ni moins.

 

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Le cléricalisme, une problématique imposée par les cléricaux eux-mêmes.

 

Reste à évoquer la question du cléricalisme. C'est une problématique qui nous est imposé par les clercs eux-mêmes.

Tout d'abord : une question fondamentale se pose : que savent-ils de plus sur l'existence de Dieu ? Réponse : Dieu étant indémontrable : Rien, mais ils croient, ce qui échappe à toute démarche scientifique et leurs arguments pour tenter d'en prouver l'existence sont bien faibles. Toutes les « preuves » avancées on été depuis belle lurette démontées, ils ne leur reste guère que l'argument d'autorité :... qui n'en est pas un, puisqu'il s'agit d'une argutie, fondée sur un raisonnement circulaire : « c'est comme ça parce ce que c'est pas autrement ».

 

Le cléricalisme utilise la religion comme moyen politique de coercition et de soumission, tels que préconisés par Paul.

 

En deuxième lieu, on peut, à bon droit, reprocher au cléricalisme l'utilisation de la religion comme moyen politique de coercition et de soumission. Cela toujours fut et Paul de Tharse en fut un grand théoricien ; il est au christianisme ce que Lénine est au marxisme : l'organisateur politique d'une doctrine prétendument généreuse et promptement dévoyée et devenue oppressive. Qu'on en juge, Rom : XIII, 1-2 : « Que chacun se soumette aux autorités en charge, car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu et celles qui existent sont constituées par Dieu. Si bien que celui qui résiste à l'autorité se rebelle contre l'ordre établi par Dieu. Et les rebelles se feront eux-même condamner ». Le sabre et le goupillon, déjà ! Les fondamentalistes de toutes les obédiences ne disent pas autre chose.

 

Une justice privée, la justice ecclésiastique cédée à l'Église par l'empereur Théodose.

 

Pour le christianisme, la conquête s'est faite lentement mais sûrement, et on doit à l'Empereur Théodose le Grand d'avoir cédé à l’Église, en la personne d'Ambroise, un droit exorbitant, celui d'instituer des tribunaux ecclésiastiques... La justice ecclésiastique n'est rien d'autre qu'une justice privée et l'équité n'y fut jamais le premier souci de juges trop zélés pour être impartiaux, mais grands amateurs d'inquisition, de question « ordinaire » et « extraordinaire » et au final de bûchers crépitants.

 

Quand l'état se défait, même en partie, de ses pouvoirs régaliens, il s'expose à la déliquescence et à des autorités prospérant en dehors de lui, voire concurrentielles.

 

Quand l'état se défait, même en partie, de ses pouvoirs régaliens, il s'expose à la déliquescence et à des autorités prospérant en dehors de lui, concurrentielles et devenant surplombantes. L'anglicanisme et le gallicanismes sont les fruits de la résistance de certains pouvoirs royaux, (Philippe le Bel et Henri VIII d'Angleterre), qui entendaient endiguer les appétits démesurés de la papauté. Hélas ça ne marcha qu'imparfaitement et la quasi toute puissance des papes leur donna bien souvent le loisir de faire et défaire rois et empereurs, de prêcher les croisades et de susciter par leur sectarisme les guerres de religions qui ravagèrent l'Europe. Toutes furent initiées par des fanatiques brandissant, outre l'épée, la croix. On ne fit pas mieux du côté de Mahomet et de ses sectateurs, qu'il lança, dès l'origine, à l'assaut du monde : tuant, pillant, martyrisant, décapitant, mutilant, annexant, le Coran d'une main et le cimeterre (et maintenant la kalachnikov) de l'autre. Beaux représentants des dieux d'Amour !

 

Un exécrable et extravagant projet de gérer les Hommes du berceau au tombeau.

 

Enfin, il y a cette constante et sourde rébellion des églises (entendre le terme comme générique de toute religion constituée et proclamée) toujours en recherche de pouvoirs temporels accrus et dont le rêve est de détruire la Laïcité et, transitoirement, de ressusciter l'état concordataire. Dans leur démesure, elles se croient seules détentrices de la Morale et nient toute autre que la leur – leur multiplicité pourtant à elle seule relativise cette prétention - cependant elles en tirent cet exécrable et extravagant projet de gérer les Hommes du berceau au tombeau. La morale n'est pas un monopole religieux et la morale laïque, fondée sur la raison, la coopération, la bienfaisance et la justice à une autre allure que ces morales religieuses de soumission, de haine du corps et du sexe, pétries de culpabilité envers la Chimère majuscule érigée en grand Croquemitaine bougon et revanchard.

 

 

Avant de conclure, citons Marguerite Yourcenar dans « L'Oeuvre au Noir »:

 

«  Il n'existe aucun accommodement entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui, et ceux qui croient ou affirment croire et obligent, sous peine de mort, leurs semblables a en faire autant. »

 

J'entends, moi libre penseur, vivre, en dehors de ces lubies liberticides et infantilisantes, une vie d'homme debout.

 

 

Débaptisation: mode d'emploi.

Débaptisation : mode d'emploi.

 

S'il y a bien une question récurrente, c'est celle-ci. En effet nombres d'athées et de Libres Penseurs sont révulsés à l'idée que leurs parents, la mode ou la pression du christianisme, qui conduit, encore de nos jours, de parfaits mécréants à se marier à l'église pour le « qu'en dira-ton » et peut-être... la robe blanche, a abouti à un baptême qu'ils contestent.

Le moyen légal et imparable existe, c'est l'application de l'art.21 de la Loi dite « informatique et libertés », qui dispose que lorsqu'un fichier est rectifié à la demande d'une personne inscrite dans ce fichier, la personne ou l'organisme qui gère le fichier doit fournir une copie de l'acte modifié.

Voilà qui est clair et coupe toute polémique possiblement suscitée par une demande de débaptisation. En effet, les arguments qu'en général les postulants à la débaptisation se voient opposer ne sauraient prévaloir contre la loi républicaine. Qu'on en juge ! Attitude compassionnelle et paternaliste, style « Mon pauvre enfant, quel diable vous pique ? », foudres célestes annoncées, menace de refus de sacrements dans le cas où le « pauvre enfant » reviendrait ultérieurement sur sa décision (les voies du seigneur étant impénétrables et moins encore prévisibles).

De petites enquêtes rondement menées font en plus apparaître qu'au lieu de recevoir la copie de l'acte modifié, les débaptisés potentiels recevaient une simple « prise en compte », mais pas copie de ce qui avait réellement été ajouté en marge du registre en question. « A renié son baptême », et cette injonction : « Ne plus faire d'acte », sont deux exemples banals de la manière illégale dont la prêtraille applique ou plutôt n'applique pas la loi !

L’Église, constante en cela avec sa pratique héritée des difficultés suscitées par le Vatican lors de l'adoption de la Loi de Séparation, ressent comme une agression de devoir se plier au droit commun  et, comme une insulte, le fait de vouloir la quitter officiellement, même s'agissant de personnes depuis longtemps éloignées d'elle. L'exploitation des registres de baptêmes lui permet depuis longtemps de se prévaloir d'effectifs qu'elle est bien loin de détenir encore.

La Loi « informatique et liberté » a enfin permis de faire admettre à l’Église que le registre des baptêmes est un fichier comme un autre et donc que quiconque figure sur un tel fichier est en droit d'en obtenir la rectification et la preuve de cette rectification.

Nous vous proposons ci-dessous une « Demande de débaptisation » à envoyer au curé de la paroisse qui détient le registre visé, avec copie à l'évêché dont il dépend.

 

Vos noms, prénoms, adresse complète, n° de téléphone.

Date.

 

A monsieur le curé de x,

 

ayant été baptisé en l'église de x, le y , sous le nom de z, je vous serais reconnaissant de porter sur le registre de baptême et en regard de mon nom la mention suivante :

« A demandé à être rayé en tant que débaptisé par lettre datée du ...

Mes convictions philosophiques ne correspondent pas à celles de ceux, qui de bonne foi, ont estimé devoir me faire baptiser alors que je n'étais pas en mesure de faire un choix. Ainsi, monsieur le curé, seront apaisés vos scrupules et vos registres purs de toute ambiguïté.

Notez, de plus, que cette requête ne peut être repoussée, aux termes de l'article 21 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978, dite « informatique et libertés », car cela serait passible de poursuites judiciaires au même titre que n'importe quelle secte.

Dans l'attente de votre confirmation écrite, je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.

Signature.

http://www.cnil.fr/documentation/textes-fondateurs/loi78-17/#CHAPITRE3

 

Bonne démarche.