Banderoles, bannières & cartouches

Banderoles, bannières et cartouches 1

 

Idées noires.

 

D'un féministe désespéré par le féminisme « officiel ».

« Les femmes sont des procureurs, c'est pour cela qu'elles ont des substituts.

A l'heure du bilan, je suis sûr de n'avoir été aimé vraiment que par deux femmes : ma mère parce qu'elle est ma mère et que les mères, à moins d'être monstrueuses, aiment leurs enfants et ma fille, au moins jusqu'à l'âge de raison.

Bien souvent, les femmes ont un profond mépris pour ceux qu'elles appellent « leurs » maris, un mépris égal à celui qu'elle ont pour... leurs éventuelles « maîtresses ». Éternel soupçon fondé sur le fameux : « les hommes ne pensent qu'à ça! ». Vieux mantra, vieille sottise.

Néanmoins, dans le fameux triangle : femme, mari, amant, où le soupçon s'inverse, le mari joue le rôle du souffleur et l'amant celui de l'étalon, c'est à dire un rôle purement fonctionnel. Où est l'Amour dans tout ça ? ».

 

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Démocratie.

 

La démocratie moderne exclut la révolution de peur de substituer à un pouvoir devenu odieux, plus odieux encore. C'est le déficit d'alternative et plus encore d'alternance authentiques.

Toutefois, les contre-pouvoirs potentiels, issus des laboratoires des mouvements alternatifs, sans être la panacée ont l'avantage de représenter en grandeur réelle les sensibilités de ceux qui se sont perdus dans l'abstention ou dans la désespérance et qui représentent peut-être l'avenir.

La question est : comment franchir la barrière des pouvoirs installés et jaloux de leur prééminence puisqu'il semble que les élections n'y suffisent plus ?

 

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Pouvoirs et religions.

 

Le pouvoir théocratique dessèche et dévoie les religions en instrumentalisant sans vergogne leurs dogmes et préceptes moralisants. L'athéisme d'état prétend les étouffer ; calcul désastreux, comme l'a montré l'expérience soviétique qui n'a pu empêcher la dérive obscurantiste et l'éclosion sectaire de retour dès son effacement. Seule la laïcité offre les conditions nécessaires sinon suffisantes au déroulement d'une vie de liberté pour tous, intellectuelle comme religieuse. Mais les religions, qui n'ont jamais ni compris ni admis la laïcité, ne désarment pas et lancent à l'assaut de nos sociétés laïques leur nervis dopés au fondamentalisme religieux, à la haine et aux crétines certitudes.

 

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Aporie.

 

Les religions prétendent être fondées sur l'Amour, Amour que le dieu porterait à sa créature et dont la preuve serait qu'il lui aurait donné en héritage, la liberté. Si cela est, la créature n'a de compte à rendre qu'à lui. CQFD. Dès lors à quoi bon ces crispations, ces invectives, ces injonctions portées par les religieux à propos de la morale, du bien penser et autres billevesées indigestes et indigentes ?

De toute évidence à limiter la liberté. Wotan, dans le Siegfried de Wagner, ne dit-il pas en substance : « L'homme libre se créé lui même, ceux que je créé sont des esclaves. » ?

 

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Vème République.

 

En France, depuis 1958 et la Constitution de la Cinquième République, le pouvoir est « ailleurs », isolé et sûr de lui, aveugle à tout ce qui n'est pas lui ; inquiet que de lui-même il tranche de tout depuis le « Château », inamovible autorité que rien ne peut ébranler, pas même des vestes électorales retentissantes. Hors sol, comme on dit.

Un certain président, élu avec 83% des voix, grâce au rejet de l'extrémisme radical, s'empressa illico d'installer un gouvernement totalement issu de son parti, méprisant ainsi la diversité de la majorité des citoyens qui l'avaient porté à l’Élysée. Un autre prétendit que son ennemi était la finance pour la cajoler dès le lendemain...

 

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La République.

 

La République doit être à la fois cadre de vie et objet constant de recherches et de réflexions. Nul ne peut ni ne doit prétendre figer la République.

 

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Dogmatisme.

 

Le dogmatisme religieux est contraire à toute idée de liberté : il impose une règle de vie et une morale en même temps qu'il se prétend ambassadeur et affirmation du divin. Affirmation qui gèle tout et ne laisse entrevoir que l'horizon étriqué du rachat ou de la damnation.

 

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Utopie.

 

L'utopie est ambivalente, elle oscille entre deux pôles : la volonté d'accoucher le présent de tous ses possibles et l'ambition totalitaire de créer l'Homme nouveau sur le champ de ruines du passé. Qui déciderait de ce qui est bon pour ce nouvel Homme ?

 

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Dos à dos.

 

L'individualisme exacerbé débouche sur l'égoïsme assumé du « struggle for life », la guerre de tous contre tous ; le communautarisme isole et mène à l'enfermement agressif, le complexe obsidional de la forteresse assiégée. L'un voit en autrui l'Adversaire, l'autre se voit seul contre tous. Rappel : On n'est côte à côte qu'ensemble et vivre ensemble, c'est être côte à côte.

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Sentence vieille comme le monde.

 

En essayant, nul n'est tenu de réussir; l'obligation est dans la démarche, pas dans le résultat.

 

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Haïr.

 

Haïr n'est pas très « productif » car la haine est un sentiment qui implique une participation au terme de laquelle on se lie à l'objet haï. Ne soyons pas de ces prisonniers volontaires et, comme disait Spinoza ; « n'ajoutons pas la haine à la haine. »

 

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Entendu à la radio.

 

Pour annoncer un morceau de musique « spirituelle et peut-être laïque », derrière la pirouette qui se veut humour, un sentiment enfoui : ce monsieur oppose spiritualité et laïcité. C'est tout simplement idiot. Les deux notions ne s'excluent ni ne se recoupent. Beaucoup de faiseurs d'opinion sont ainsi dans des schémas qui montrent qu'ils n'ont pas compris la laïcité.

 

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Ce monde.

 

Hic et nunc, ici et maintenant, ce monde où nous vivons, qui le connaît ? Qui peut le décrire parfaitement ? Allons, il nous faut le parcourir longtemps et assidûment avant de deviner, peut-être, ce qu'il est vraiment et s'y sentir bien.

 

 

 

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L'Homme est violence et cruauté.

La violence est naturelle au prédateur et l'Homme est le prédateur par excellence ; y compris de ses semblables.

Il y ajoute la cruauté, ce qu'ignorent les prédateurs animaux : peut-on être cruel envers un repas nécessaire à sa survie ? Heu ! Les félins peut-être ?

 

*

 

Il ne faut pas laisser nos moyens de vivre compromettre nos raisons de vivre.

 

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Vous me verrez pleurer. (supplique)

Vous me verrez pleurer de joie, pleurer de désespoir, pleurer pour... pleurer, mais jamais vous ne me verrez pleurer votre attention, parce que je ne vous dois rien et que vous ne me devez rien. Mon amour pour vous ne s'exprime pas en termes de contrat. Il EST ou n'EST pas et c'est tout.

 

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La grande affaire du sage est de concilier son animalité avec sa spiritualité.

Il ne sert de rien de tenter de nier son animalité, sans elle, nous ne serions pas.

 

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Les calvinistes ont inventé le capitalisme, le libéralisme économique et la brutalité qui va avec.

Dieu sauve ceux qu'il a élus et favorise qui il veut. Calvin glorifie comme œuvre de dieu l'enrichissement, le prêt à intérêt (jusque là l'affaire des prêteurs juifs) et l'enrichissement qui est la volonté de dieu. Aux USA on a bien compris la leçon.

 

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Psys.

Il est très exagéré de voir dans les psys une béquille offerte à qui s'égare et moins encore des ennemis de la rationalité. Non ! Ils ne sont que le miroir qui reflète sur le patient le mixte redoutable de ses névroses et des leurs propres.

 

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La liberté de l'esprit ne peut être contrainte et elle est presque sans limite autre que celle que pose notre propre timidité. Ne soyons plus timorés ! Sapere aude !

 

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Propriété et possession.

Il faut les distinguer. La possession, ce sont les biens que nous donnent notre capacité et notre travail, notre intelligence et notre industrie. La propriété peut ne pas être une acquisition vertueuse due au mérite et de fait, bien souvent, elle permet à certains de s'enrichir indéfiniment du travail des autres.

 

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Esclave !

Il ne suffit pas d'abolir l'esclavage et de dire à l'esclave : « Tu es libre », il faut concurremment affranchir sa mentalité et plus encore celle de son ancien maître.

 

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Mutation.

Les sociétés ne se transforment que si elles s'inventent des futurs, mêmes utopiques, mais elles se sclérosent à force de nombrilisme passéiste et de renoncements.

 

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Dieu existe !

- ???

  • C'est tout ce qu'on ne comprend pas.

  • ???

  • et plus on avance et plus on CROIT comprendre, ce qui ne fait pas reculer dieu, puisqu'il est TOUT...

  • ce que l'on ne comprend pas ?

  • Crétin !

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Cannibalisme.

Aimer jusqu'à la dévoration de l'autre pour se l'approprier et l'interdire à d'autres affamés. C'est la triste définition de la jalousie, ce cancer de l'amour. Y a-t-il une fatalité dans le fait d'être aimé et de devoir se garder du cannibalisme de l'amant ? Oui si l'amour ne se pèse pas au fléau de la plus stricte égalité. Malheureusement, être aimé est bien trop souvent lourd de souffrances et de dépendances plus ou moins consenties et donc difficiles à dépasser.

 

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Identité.

Qui ne s'occupe que des racines est aveugle à la frondaison. Ainsi sont les identitaires : aveugles.

 

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L'Homme est unique, quelle que soit son origine. Les hommes sont égaux en droit et en dignité, il n'y a pas à tourner autour du pot là-dessus. Les hommes ne sont pas semblables entre eux : chacun est unique.

Résumé : il n'y a qu'une seule sorte d'humain, mais chaque humain est différent.

Que les identitaires aillent se faire f...

 

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Ceux qui déclenchent les guerres en général les font faire par d'autres qu'eux, pour des raisons autres que celles qu'ils avouent.

C'est pourquoi les gens qui se battent sur le front ne savent pas le vrai motif de la guerre qu'ils mènent. Chair à canon, chers à canon, chère chair à canon.

 

 

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Peurs !

Peur sur la ville, peur dans les cœurs. La peur est l'outil de contrôle des masses et de la conscience collective, l'outil des religieux et des politiques, l'épée de Damoclès brandie sur nos têtes pour susciter la SOUMISSION. Cessons d'obéir et nous serons libres, cessons d'avoir peur et nous ne serons plus esclaves.

 

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« Il faut rendre à César ce qui appartient à César ; et à Dieu ce qui est à Dieu. » … à condition que César soit tout à Dieu, pensent in petto les religieux.

 

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Les temps ne sont jamais univoques, dans le même temps que Phidias érigeait les statues du Parthénon pour le culte d'Athéna, les philosophes grecs inventaient l'humanisme : « L'homme est la mesure de toute chose ». Protagoras.

 

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Quand s'épanouissent les balivernes religieuse, s'évanouit le goût de la liberté de pensée.

 

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La philosophie libère de la névrose, le dogme la favorise.

 

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Porter un jugement de valeur est bien aventureux. Et d'abord de quelle valeur s'agit-il ? Qui en décide ?

 

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Qui n'est déchiré par l'opposition temps long / temps court ? Même l'ambitieux y est confronté. En fait, l'espoir condamne à la patience. La patience relève du temps long.

 

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La magie conduit à l'athéisme.

En effet, si l'on veut que le dieu soit créateur de toute chose et donc le grand législateur, la magie, qui viole toute loi, démontre par l'absurde la vacuité de l'hypothèse divine.

 

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Toute religion repose sur l'ignorance, l'humilité, la confiance aveugle et la vénération envers le divin. La raison y a peu à voir, même quand de savants sophismes l'appellent au secours d'arguments fondés sur … l'ignorance.

 

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Deux déterminismes : le biologique et le culturel et social, œuvrent à la construction de l'individu. Néanmoins, il me semble que le libre arbitre, la libre pensée et la volition du JE et du MOI, dépassant le ÇA et président à la construction de l'homme décidé à échapper aux déterminismes tant biologiques que culturels.

 

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Banalisez la violence, elle vous semblera quasi naturelle et, un jour, vous vous réveillerez en Barbarie.

 

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Pour qu'une communauté humaine devienne inhumaine, il n'est pas nécessaire qu'elle soit menacée, la peur y suffit, comme suffisent la bonne vieille haine raciale et la détestation religieuse.

 

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Sur la tolérance conçue comme bien commun.

L'optimiste considère que, si l'on prend au sérieux le pluralisme, on ne peut mettre aucune borne pertinente à la tolérance, sauf des limites procédurales et prudentielles qui auront trait à la conciliation des droits, des libertés et des intérêts de chacun.

Le pessimiste quant à lui, met en avant l'aspect tragique de la thèse selon laquelle les modes de vie et les valeurs ne peuvent pas être poursuivis tous ensembles et qu'il faut donc, de manière plus formelle, mettre une limite à la tolérance avec laquelle on applique le principe du pluralisme. Il existe en effet, qui le niera ?, des incompatibilités radicales engendrant des concurrences féroces et hautement conflictuelles entre les divers modes de vie et les diverses approches morales et philosophiques.

Seule une certaine neutralité conduisant à l'effort d'éviter tout tort fait à autrui conduit à l'élaboration d'un espace éthique commun où chacun peut s'épanouir en liberté, mais avec le souci du partage non agressif de l'espace public. L'état laïque est ici parfaitement approprié.

 

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Sur la tolérance encore.

Ce qui me gène dans le concept de tolérance, c'est sa position surplombante et condescendante, le plus souvent. On tolère ceci ou cela parce qu'on le veut bien et que c'est une « fleur » qu'on fait à autrui.

Cela ne la condamne pas pour autant, chaque fois qu'elle procède d'une authentique volonté d'accéder à l'autre en paix et avec générosité.

 

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L'hypothèse divine.

Ce n'est rien d'autre qu'une hypothèse métaphysique, qui n'explique d'ailleurs rien de substantiel parce qu'indémontrable, comme également son contraire, et donc ne débouchant véritablement sur aucune conséquence pratique.

 

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Paradoxe du cuisinier.

L'acte artistique n'est pas un acte culinaire, ni un dosage d’apothicaire, il n'est pas d'inspiration extérieure ou antérieure à l’œuvre, car cette œuvre n'existe qu'en s'élaborant et dans le procès de l'élaboration. De plus, elle est par définition éphémère car détruite aussitôt achevée.

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Nul besoin de croyance pour vivre serein.

Bien au contraire. Toutefois, quand on en a, ce sont des histoires qu'on se raconte à soi-même et on les aime en tant que nos créations.

 

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Je dois l'avouer :

mon ignorance est encyclopédique.

 

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Spinoza l'a bien vu,

il faut tout faire pour connaître les causes de ses choix, sauf à être gouverné par ses affects.

 

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Ne pas avoir peur, c'est d'abord ne pas craindre la vérité.

 

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Rappel à l'État d'Israël :

la Bible n'a pas la force d'un document notarié, elle n'est pas un titre de propriété.

 

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Culture.

Elle peut-être subie. Ainsi en est-il de l'impérialisme culturel étasunien, via notamment la production télévisuelle et cinématographique. Mais elle peut aussi être détruite par une autre culture imposée, celle de l'acculturation, ce grand méfait du colonialisme.

 

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Les monothéismes,

ces religions, prétendument d'Amour et de Paix et prosélytes par vocation, font la guerre à tous et d'abord se la font entre elles, mais elles sont unies contre la laïcité.

 

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Parmi mes étonnements.

L'unité féconde et tyrannique des contraires. Penser A et B ensemble plutôt que séparément est réjouissant en même temps que fertile.

 

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Prosélytisme.

Quelqu'un croit détenir un idéal d'une grande noblesse et d'une hauteur de vue incomparable, a-t-il pour autant le droit, au nom de cet idéal, d'imposer ses croyances à autrui ? Assurément pas !

 

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Toute idéologie est menacée de sombrer dans l'idolâtrie.

 

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De quoi meurent les empires.

L'expansion contient en germe les principes de leur diversification et de leur fractionnement, c'est de cela qu'ils meurent tous.

 

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Utopie.

Travailler au monde à venir à partir du monde qui est là : hic et nunc. Belle formule, mais formule utopique parce que le monde est imprévisible et en constante mutation. Il relève de la stochastique, mais cela ne doit pas pour autant empêcher de rêver.

 

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Centre du monde.

Toute chose que nous observons, nous l'observons depuis notre propre existence, notre propre point de vue, armés de notre propre expérience et de notre propre culture ; dès lors nous sommes au centre. Nous sommes tous individuellement des centres du monde.

 

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Conflit.

La circoncision rituelle contredit les articles 16-1 et suivants du code civil et les articles 222-1 et suivants du code pénal traitant des mutilations. Dans la France laïque, on ferme les yeux au nom d'une conception assez laxiste de la liberté religieuse, d'autant que s'ils le désiraient, juifs et musulmans pourraient contourner la loi par une pseudo intervention médicale, dite opération du phimosis. Mais là n'est pas la question cruciale, la vraie question est : a-t-on le droit d'imposer à un enfant une marque indélébile d'appartenance alors que devenu adulte il peut très bien soit changer de religion soit ne plus se réclamer d'aucune ?

Il en va de même pour la baptême infligé à des nourrissons. Que n'attend-on pas que leur discernement soit établi ?

 

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Ce qui est exagéré,

réjouit les sots et est une manne délectable aux méchants.

 

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Je respecterai les religions quand elles respecteront mes convictions.

 

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Si Dieu est omnipotent : Il peut tout. Alors il est bien possible qu'Il ne soit pas, car Il peut ne pas être.

 

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Le monde est trop encombré de dieux de tous poils et de toutes obédiences.

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Qu'est-ce que l'identité ?

L'identité ne s'établit que par rapport à quelque chose ou quelqu'un, c'est une relation. Ce n'est jamais qu'une composition aléatoire à partir d’appartenances et de postures diverses et qui, pour chacun, ne s'achève qu'avec la mort.

 

*

 

Juger ?

Pour juger, il faut une échelle de valeur absolue et non affective permettant de noter chacune de nos actions et celles des autres. Il est donc impossible de véritablement juger, car il n'y a pas d'échelle de valeur humaine qui soit absolue. Tout jugement est entaché de d'opinion.

 

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L'homme est un être désirant, toujours en quête de limites qu'il franchit triomphalement à moins qu'il ne se perde.

 

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La nouvelle idole.

Le tout économique conduit irrémédiablement à la crise sur fond de déshumanisation du travail, des entreprises et … de l'économie. L'économie doit être au service de l'Homme et non l'inverse.

 

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Être est un privilège, en avoir conscience en est un autre, mais il en est encore un, qui est de mourir avant de devenir sénile.

 

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Amour.

Parmi les définitions de l'amour proposées par les anciens Grecs, philia me touche particulièrement en ce qu'elle est l'Amitié, l'amitié qui unit l'hôte à l'hôte, l'ami à l'ami, le frère au frère, les enfants aux parents.

 

*

 

L'athéisme quel tranquillité !

Ni manque ni besoin de dieu.

 

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Socialisme.

Avant sa déliquescence, l'objectif du socialisme n'était pas de produire plus, mais de distribuer mieux.

 

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L'idée de dieu prospère sur l'imperfection humaine et sur la peur.

 

 

 

Il ne faut pas confondre dévoilement et révélation.

L'un relève de la recherche empirique, l'autre de la croyance.

 

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L'Homme est un être sensible et de raison.

Telle est la hiérarchie, car la sensibilité est immédiate, quand la raison est médiate.

 

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La vérité n'es jamais absolue, d'ailleurs, même cette affirmation n'est pas tout à fait vraie.

 

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Autorité.

L'autorité se mérite. Quand elle est décrétée, on s'empresse de la contourner ou de la combattre, quand elle s'impose d'elle même on la dit naturelle, alors elle fait assez largement consensus.

 

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Qui ne s'occupe que des racines est aveugle à la frondaison.

Ainsi sont les identitaires, je l'ai déjà écrit, j'ajoute : ils sont aveugles à la beauté de la luxuriance.

 

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Phallocrate I.

Un falot crétin ?

 

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Phallocrate II.

Le phallocrate exige des femmes qu'elles l'idolâtrent ! N'est-ce pas la bêtise originelle ? La voie sans issue ? L'extravagance suprême ?

 

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Parler d'amour.

C'est s'interdire d'occulter « éros » – au nom de la pudeur ? - c'est prendre aussi en considération « philia » l'amitié, « storgé », l'affection, « agapé », l'amour du prochain et « philantropia », l'amour de l'humanité en général. L'Amour c'est ce tout, sinon, il ne mérite qu'une minuscule. N'affaiblissons pas l'Amour.

 

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L'Amour est une vertu au sens romain du terme, i.e. une puissance.

 

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La morale couvre toute sorte de vilenies, l'Amour aussi, hélas.

 

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Transmettre.

Le symbolisme est un bon outil de transmission, car il permet d'aller derrière et au-delà des choses, mais sa manipulation est délicate.

Figer un symbole c'est créer un dogme. Le symbolisme réclame à la fois inspiration et imagination et « l'imagination » est l'érection de l'intelligence. Le symbolisme échappe au péremptoire.

 

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La justice est l'ardente obligation de l'Homme.

Sans justice pas de démocratie, pas de liberté non plus.

La liberté sans l'égalité est fictive et l'égalité sans la liberté est un abrutissant et contraignant égalitarisme.

 

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La raison sans l'émotion dessèche les cœurs,

l'émotion sans la raison asservit les faibles et fanatise les forts.

 

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Le dogmatisme religieux,

présente un aspect net et définitif : il impose une règle de vie et une morale en même temps qu'il affirme un supposé fait divin d'où émaneraient cette règle de vie et cette morale. Une telle position congèle la pensée et provoque la peur, objectif évident des religieux. Car, disent-ils, au bout du parcours : damnation éternelle ou rachat. Rachat ?

 

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On ne doit pas,

laisser sous-traiter l'art périlleux de vivre harmonieusement en société, ni la morale, ni l'éthique, ni la justice par les religions.

 

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La gangue des religions produit le gang des religieux.

 

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L'amour propre guide nos actions et la lâcheté notre inaction.

 

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Les religions apportent à des questions sans réponse rationnelle des réponses irrationnelles.

Ce qui ne serait que pièce à verser au rayon des lubies et des élucubrations, si les religieux n'aspiraient à régir nos vie hic et nunc et aussi dans un hypothétique au-delà.

 

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La culture, ce n'est pas amasser des connaissances, c'est savoir les utiliser pour le Bien commun.

 

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L'amour est bien souvent un miroir aux alouettes et les alouettes s'y perdent.

 

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Tout point de vue dépend d'où on observe, mais ce n'est guère s'honorer soi-même que de mépriser le point de vue des autres.

 

*

 

Nuance :

Libéraux et socialistes, discourent sur le problème de la propriété – privée ou collective ? - c'est à dire sur les choses ; les solidaristes discourent sur la condition des personnes.

 

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La laïcité n'est pas :

une opinion, ni un dogme, ni une croyance, c'est un traité de savoir vivre en harmonie, c'est d'abord une déclaration de Paix.

 

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Le maître est esclave de sa propriété : il fera tout pour la garder, mais il ne se sentira jamais libéré de la perdre.

 

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Comment concilier la « toute puissance » divine et son « innocence » ?

 

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La Raison rassemble les hommes, l'irrationnel les divise. Là gît la nocivité des religions.

 

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La sagesse est synthétique, globaliste et unitaire ; l'intelligence est analytique. Elles sont entre elles dans un rapport d'intégration à différentiation.

 

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Libre penseur, je suis maître de ma pensée et mon corps m'appartient ; nul n'a de droit sur eux. Les religion, a contrario, prétendent que corps et pensée sont choses de dieu et excluent qu'on en puisse disposer à sa fantaisie.

 

*

 

Toute théorie du complot consiste à établir une explication unique de ses ressorts prétendument secrets, pour trancher le nœud gordien de causalités enchevêtrées et mettre ainsi en lumière l'agent moteur nécessaire et suffisant à la dite théorie. C'est un raisonnement circulaire, un Ouroboros.

 

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Examiner la nature des religions relève de la théologie.

Intéressant, mais ce n'est pas mon propos. Plus utile est l'analyse de ce qu'elles portent objectivement en elles, c'est à dire, cette disposition coercitive d'ordre moral et social qui apparaît très tôt après la disparition de leurs inventeurs et qui annihile ce qu'elles pouvaient avoir de généreux initialement.

 

*

 

Ô mon amour, comme j'aimerais que tu naisses avant que je ne meure.

 

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Les francs-maçons travaillent dans le monde, et donc avec et sur les choses de ce monde.

Sinon quelle serait leur utilité ? Il en est de même pour les Libres Penseurs.

 

*

 

Europe.

La directive sur le secret des affaires élèvera un rempart autour des entreprises et construira un muret dérisoire pour la protection de ces bêtes noires que sont les lanceurs d'alerte.

Qui s'en inquiète quand on sait que la Commission a installé monsieur Junker, l'architecte du paradis fiscal luxembourgeois, à sa tête ?

 

*

 

Immortalité.

Le monde est en expansion, aura-t-il un fin ? Nul ne le sait. En tant qu'objet fini l'homme a une fin, il ne peut donc envisager l'immortalité ni penser l'infini.

 

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Ascétisme.

L'ascète fuit le « cinq à sept », la bonne chère déserte son assiette et la chair son lit. Quelle vie !

 

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Peut-on aimer sans comprendre l'objet de son amour ?

 

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Individuation.

Sans l'association corps/esprit il ne peut y avoir individuation. Que le corps vienne à disparaître et l'esprit s’évanouit, désormais sans mémoire ni utilité, il s'anéantit. Ce qui le distingue de la matière car selon Lavoisier : «  Dans la nature rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. », autrement dit la matière rejoint la Substance quand l'esprit, privé de support matériel, disparaît à jamais.

 

*

 

Les Pros.

Les hommes politiques, ou plutôt les professionnels de la politique, n'ont qu'une ambition : durer. Seuls les naïfs croient encore qu'ils ont ambition et projet pour l'amélioration de la société.

 

*

 

Peut-on vivre sans amour ?

Seuls les égoïstes le croient. Mais ils se trompent, car un jour l'amour les rattrapent et il se rendent compte que, sans lui, ils ne vivent pas VRAIMENT et ça leur pourrit la vie.

 

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Ce qui n'est pas réformable doit être révolutionné.

 

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Ne pas aller de l'avant, revient à encourager les reculs.

Le conservatisme est sclérose et fantasme de TRADITION..

 

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L'Amour libère !

À condition d'en exclure la possession triviale. Nul n'appartient à personne. Il faut se garder des amours devenus rets et lacets étrangleurs.

 

*

 

Il y a des valeurs plus hautes que celles qu'affectionne le moi.

Il importe de savoir les discerner pour s'en emparer et les faire vivre et prospérer.

 

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Si dieu existait, il serait laïque,

comme le montre l'apparent désintérêt du créateur pour sa création où règnent violence et chaos, loin de l'idéal d'amour et de bonté dont on l'a affublé. Laïque donc parce qu'indifférent aux types d'organisations dont se dotent les hommes. Le vrai problème n'est donc pas l'hypothèse divine – après tout, c'est affaire privée -, mais le fait que l'Homme soit religieux et donc aveugle à la raison raisonnante.

 

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Syllogisme.

L'Homme est le fils de Dieu.

Dieu est une création humaine.

Donc l'Homme est le fils de l'homme. CQFD.

 

BABACA 8

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Il ne faut pas confondre foi et croyance. La foi est confiance, la croyance est opinion. La foi ouvre grandes les portes de la recherche, y compris intérieure, la croyance ne pose pas de question, elle affirme et apporte des réponses auxquelles il est seulement demandé d'adhérer sans examen.

 

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Qu'il soit Un ou Trois, Dieu est impair.

C'est peut-être une façon de nier la dualité, mais je n'en suis pas sûr.

 

 

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Du rien on ne peut rien dire ni penser.

Le Néant ne se laisse pas décrire car le décrire, même comme rien, c'est lui donner une existence et alors il n'est plus Néant. Du reste, affubler rien ou néant d'un article, c'est leur donner existence, ce qui est contradictoire. Reste le non-être, indispensable à la définition de l'être.

 

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L'âme en tant que concept est tellement connotée par la religion que je lui préfère le concept de Soi.

Le Soi n'est pas une donnée a priori, il est une construction qui, elle-même, préside à la construction du moi. Le moi puise ses auto-références dans le Soi qui à son tour s’enrichit des expériences du moi et des influences et données venues de l'extérieur : les hétéro-références. Hétéro et auto références interagissent et s'enchevêtrent et s’entre fécondent.

 

Les matérialistes les plus engagés réduisent l'activité du cerveau, donc la réalité du Soi comme du moi, à des phénomènes bio-électro-chimiques. Pour moi, ces phénomènes qu'on ne saurait nier, son le mode par lequel le vivant traite l'information. L'information est causale et ses effets sont visibles dans la construction de l'ego, d'où il appert que les phénomènes en question sont bien le mode par lequel cette construction est rendue possible. C'est un processus particulier, mais lié au vivant et qui disparaît avec la mort.

 

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Je ne suis pas obligé de croire ce qu'on dit de moi.

En bien ou en mal, ce qu'on en dit est toujours exagéré.

 

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L'opinion n'a rien à voir avec la vérité, elle est toujours entachée de subjectivisme.

Quant à la vérité, c'est un concept tellement insaisissable qu'il faut parfois s'en méfier, surtout quand quelqu'un vous assène sa vérité, qui n'est jamais que son opinion.

Toute vérité est transitoire, c'est un méta objet, mais c'est pour cette raison que le passer au crible de la raison est un exercice très profitable pour l'intelligence.

 

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Le racisme est la négation de l'Autre en tant qu'humain semblable à soi-même. C'est donc une arrogante erreur, aggravée par la haine et la mauvaise foi.

Les racistes ne s'étonnent pas quand ils sont victimes à leur tour de manifestations racistes, cela les confortent dans leur opinion, bien qu'ils en souffrent. Leur souffrance ne les amène jamais à cette réflexion qu'on imaginerait légitime : le racisme est inepte, dangereux, destructeur et inhumain. Il persistent et signent et souhaitent vivement retrouver le statut quo ante, celui où ils dominaient l'Autre.

 

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Pourquoi les dogmes s'opposent-ils à la raison critique ?

Il semble que la réponse soit contenue dans la question. Ainsi, les dogmes, qui sont saturés de certitude, le sont d'autant plus qu'il sont pauvres en exercices critiques. Les certitudes sont des taies posées sur l'intelligence, elles violent le principe d'incertitude qui gouverne le monde. Rien n'est figé, tout est en devenir, tout est en constante mutation. Méta est le préfixe de la vie.

 

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La laïcité est un des principes fondamentaux de la République française.

Beaucoup de gens ne comprennent pas ce que cela veut dire et sont prêts à accueillir sottement l'irruption de la religion dans la société. Rappelons-nous que ce qui est laïque (du grec laikos) est destiné au peuple, sans l'intermédiaire de la cléricature. La République française appartient à tous les citoyens qui y vivent, sans considérations de race, d'ethnie, de religion ou de philosophie. La laïcité est donc bien nécessaire, sinon suffisante, à la démocratie, qui est le régime politique mis en place par la République. Les religions apportent avec elles des particularismes et des clôtures, elles sont donc loin de l'universalisme républicain, elles en sont même, de manière constante, les adversaires résolus et opiniâtres.

 

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Multiculturalisme et interculturalisme sont entre eux comme fermeture et ouverture.

Les sociétés qui ont expérimenté le multiculturalisme ont connu l'échec, parce que juxtaposer des cultures revient à aligner côte à côte des systèmes exclusifs, voire antagonistes, ce qui ne peut déboucher que sur des cohabitations difficiles par essence. L'interculturalisme, lui, envisage les choses de façon radicalement différente. Son ambition est l'ouverture, l'osmose et la porosité, la confrontation sans l'affrontement et la recherche des conjonctions fertiles et enrichissantes plutôt que des oppositions stériles et anxiogènes. Comme toute entreprise humaine ambitieuse, ce chemin est ardu, mais c'est le seul que connaisse l'humanisme.

 

 

BABACA 9

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Trop de contrôle centralisé limite la créativité, l'exploration, la diversité et la formulation d'opinions contraires.

Ceci condamne cette folie qui a nom « principe de précaution » et qui n'est que la traduction de ce constat : le paradigme de l’hyper-libéralisme est un mélange de déréglementation économique (laisser faire, laisser passer) et de réglementations de la vie publique, toujours plus contraignantes.

 

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Le vrai savoir suppose l'émancipation.

Le maître a réussi quand et seulement quand, l'élève se libère de son influence et va son chemin.

 

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Il ne faut pas fuir le paradoxal.

Le paradoxal est le domaine de la raison ouverte et des logiques conjonctives, dit autrement, le paradoxal permet de contourner la raison aristotélicienne du tiers exclus et du dualisme sec, il ouvre la pensée à l'aventure intellectuelle du tiers inclus et de la pensée complexe.

 

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Le problème de la connaissance.

Savoir n'est pas connaissance, la connaissance est de nature ouverte et constructiviste, le savoir en est un élément, mais on peut connaître sans avoir un grand savoir. La connaissance se réinvestit dans l'imaginaire, i.e. dans des représentations non closes. L'imaginaire est le père du symbolisme qui cristallise en des raccourcis magistraux du signifiant, du signifié et des significations. Le symbolisme est essentiel à la communication, mais il est d'une manipulation délicate. Le figer c'est en faire un dogme, i.e. un objet sclérosé. Il faut donc lui laisser toute sa plasticité et lui permettre de déployer tout le potentiel qui gît en lui.

 

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Un système produit et consomme matière, énergie et information.

Cela est vrai de tout système, qu'il s'agisse d'un orchestre, d'une usine ou d'une administration.

 

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Comment envisager l'Homme ?1

En tout état de cause, il ne peut être réduit à une abstraction telle homo œconomicus, homo politicus ou même homo sapiens sapiens. Là réside la part de mystère qui sied si bien à l'Homme, là réside ce qui lui confère ce « je-ne-sais-quoi » qui hante la philosophie, la religion, la psychologie etc.

 

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Il faut se garder des points de vue strictement mécanistes car ils manquent de souplesse et conduisent au blocage.

Laissons à l'imaginaire sa part car il est l'expression de la créativité et à l'origine de bien des découvertes, comme l'a indiqué, parlant de lui-même, Albert Einstein.

 

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Une révolution intime.

J'avais très tôt eu l'intuition que la « rationalité/Aristote » du tiers exclus, que n'a pas démolit Descartes, pouvait être remise en cause. Deux découvertes fondamentales du début du 20è siècle, les théories des quanta et de la relativité y conduisent sans coup férir. La découverte de la pensée complexe, de la dialogique et, in fine, la possibilité du tiers inclus permettent une avancée philosophique conséquente. Je ne remercierai jamais assez des auteurs comme E. Morin, JL Le Moigne ou G. Lerbet qui sont les maîtres dont j'ai suivi les chemins qu'ils ont ouverts.

 

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Remède contre l'égoïsme : l'empathie ?

L'attention à l'Autre et le soin que je peux en avoir est au fondement d'une possible victoire sur mon égoïsme. Vouloir le bien pour autrui, c'est vouloir pour lui le même bien auquel j'aspire. Il se pourrais que, ce faisant, je me comporte en véritable démocrate, à moins que ce ne soit en narcissique accompli.

 

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La liberté.

La liberté ne se décrète pas d'en haut, elle ne s'octroie pas, elle se conquiert. La liberté est consubstantielle à l'Homme, nulle aliénation, qu'elle soit religieuse ou autre, n'est légitime. Cependant, la première liberté à conquérir se fait par une victoire sur soi-même, i.e. sur nos a priori, nos certitudes et les déviances plus ou moins clandestines qui brouillent notre entendement.

 

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Contradiction ?

Montaigne disait, en substance, aussi haut qu'une personne soit assise, elle ne l'est jamais que sur son cul. Nietzsche, quant à lui, affirme dans son Zarathoustra que plus quelqu'un s'élève, plus l’œil qui l'observe le voit petit.

Je ne suis pas sûr qu'il y est là la moindre contradiction.

 

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L'argument de la complexité ne doit pas entraver un authentique travail d'intelligibilité.

Rien jamais n'est donné, tout doit se conquérir et souvent de haute lutte.

 

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1Est-il besoin de préciser que quand je parle de l'Homme, je parle du genre humain ?

BABACA 10

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Les sociétés humaines mettent plus d'énergie et commettent plus de violences à maintenir l'ordre que pour le renverser ou seulement le réformer. La violence révolutionnaire, selon ce constat, n'est pas toujours la pire des violences.

 

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L'opinion ne pense pas, elle affirme des croyances et les croyances sont des certitudes sans preuves.

 

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Le capitalisme dans sa version néolibérale productiviste s'appuie sur ce qu'il faut bien appeler la « libido consumandi ».

Celle-ci engendre la consommation ostentatoire, qui entraîne un carrousel sans fin : chacun voulant plus que son voisin et ainsi de suite, comme une manière de mouvement perpétuel. On ne peut que constater que, si les besoins humains sont une réalité, la libido consumandi a introduit des besoins artificiels ou illégitimes, accessoires et/ou futiles, extravagants, inacceptables et égoïstes, qui brouillent la visibilité les besoins authentiquement légitimes, vitaux et essentiels, indispensables et utiles et pourquoi pas convenables ?

 

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Si un homme est incapable de se commander à lui-même, il faut craindre qu'il ne soit que trop facile à commander par qui voudra l'influencer. Il deviendra alors une sautillante marionnette.

 

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De nos jours, le combat anti laïque reprend de la vigueur et nous oblige à une vigilance accrue.

Nous nous étions endormis sur la fausse impression que l'affaire était entendue : la laïcité était actée, comprise par tous et bénéfique pour tous. En fait, il n'en est rien. Certes la déchristianisation est une évidence, mais deux phénomènes se conjuguent qui menacent la loi de Séparation. D'une part la crispation des élites cléricales et de leurs fidèles dans la très classique stratégie des minorités agissantes, toujours plus vigoureuses et efficaces que ceux – la majorité silencieuse – qui croient définitive la déconnexion du religieux d'avec l'état. Et d'autre part la dynamique d'une religion conquérante, l'islam, qui rêve – du moins les plus engagés parmi ses adeptes – d'introduire des dispositions de la charia (la loi musulmane) au cœur de la loi républicaine, en en brisant ainsi l'universalité théorique d'une loi pour tous, sans discriminations d'aucune sorte, fondées sur la religion, la philosophie, l'ethnie ou sur quelques autres considérations qu'on voudra.

Bien sûr, parce que nous défendons la loi du 9 décembre 1905, nos adversaires nous malmènent à grand renfort de noms d'oiseau, tels laïcards ou archaïques. Il est vrai qu'insulter évite d'argumenter. Pour nous, la laïcité est et reste un dispositif moderne et efficace et c'est cette efficacité que nous devons protéger pour protéger la paix civile.

 

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Depuis 60 ans que je m'intéresse à la politique, j'entends ce slogan, commun à tous les politiques : « Je me présente à vos suffrages pour REDRESSER la France. » Elle va finir par être courbée à l'envers la pauvre...

 

Croyance.

La croyance est la propension à affirmer ou à nier péremptoirement, sans se plier à l'examen critique. Autrement dit, à ne pas juger en ayant présent à l'esprit le degré de vraisemblance ou de probabilité qui s'attache à l'objet pris pour référence. C'est ainsi que confondre l'autorité politique avec l’autorité religieuse est extrêmement grave dans la mesure où les injonctions religieuses, en termes d'organisation de la société humaine tant du point de vue moral que de celui du dispositif judiciaire (licite/illicite), sortent de toute rationalité pour se plier aux lubies d'une autorité fictive, aléatoire et manipulée par la caste des prêtres. Les sociétés humaines n'ont pas besoin de l'idée religieuse pour fonder et asseoir leur morale ni leur mode de vie. La laïcité reste le dispositif le plus pertinent pour obtenir cette paix sociale à laquelle elles aspirent.

 

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Les religieux prétendent que l'Homme a une dette envers Dieu et moi je pense que s'il a une dette, c'est plutôt envers la société.

L'homme ne vit pas parmi les dieux, mais bien parmi les hommes.Sa vie, si elle a un sens, il la vit dans sa participation à un système d'interactions avec son environnement et avec son prochain. L'hypothèse dieu ne semble pas nécessaire, surtout pour expliquer le désarroi et le tragique du monde. La boussole divine est par trop aléatoire et capricieuse.

 

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Le grand phantasme de l'homme réside dans les images qu'il se fait du divin.

Pour l'essentiel, il conjugue (conjuntio oppositorum) deux concepts apparemment opposés : la théomorphose de l'Homme créé à l'image du dieu et l'anthropomorphose du dieu fait homme.

Maître Eckhart a énoncé cette résolution des contraires ainsi : « Le fond de Dieu est mon fond, et mon fond, fond de Dieu. » Et plus loin, dans le même 5ème sermon b : « Pourquoi […] ne puisez-vous pas en vous votre propre bien ? Vous portez pourtant toute vérité en vous ».

Dans cette vision Jésus représente l'anthropomorphose divine parfaite, quant à l'Homme il détient en lui et irrémédiablement, cette image de Dieu qui le fonde.

On comprend la fascination que de telles idées peuvent exercer sur l'homme crédule, terrorisé par l'angoisse de mourir et par la série des interrogations existentielles qui ne trouvent pas de réponses satisfaisantes. Ainsi, le confort intellectuel est grand qui consiste, après la mort, à rejoindre Dieu, le grand Tout pour une félicité et une béatitude éternelles. Le hic c'est qu'il est le résultat d'un raisonnement circulaire.

 

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Le néolibéralisme est un objet qu'il convient de décortiquer pour en mesurer la nocivité.

Il est défini par la déréglementation des flux financiers, la privatisation des services publics, y compris les services de santé et d'assurance sociale, et le creusement accéléré des inégalités, tant sociales que politiques – l'accès au pouvoir est réservé à une oligarchie.

Conséquences immédiates : austérité économique et déni de souveraineté des populations – le TINA de Thatcher en est le mantra. Pas d'alternative = déni de démocratie.

Conséquences secondes : l'installation, dans le système Europe, d'une bureaucratie non élue et protégée de la volonté populaire, travaillant dans une forme d'autisme plutôt néfaste.

 

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Le pouvoir n'est plus réductible à l'État, à ses appareils répressifs ou militaires, il est partout, diffus et bien souvent quasi clandestin, engendré presque clandestinement par « l'air du temps ».

En effet, en amont de ce qu'on identifie comme le pouvoir de l'État, est la doxa néolibérale qui, au tournant des années 1990, opéra la bascule de l'ordre démocratique vers l'ordre économico-utilitariste. La réalité de l'organisation de la société lui échappe dès lors, comme sa fonction de régulation démocratique. L'état, asservit en quelque sorte, devient une sorte de super garde-champêtre en charge de l'agencement des codes et de lois, qu'on lui souffle et du devoir de les faire respecter, dans le cadre du projet global du néolibéralisme. Le pouvoir réel est partout et nulle part, chaque segment de la société idéalisée par le néolibéralisme en possède une parcelle qu'il défend chèrement pour contrer la dérégulation universelle qui le laisse seul face à tous les vents, y compris mauvais. À quand le retour de manivelle ?

 

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La sagesse est inatteignable et la vertu est toujours relative.

La sagesse relève du « divin », donc de l'ineffable, mais la vertu reste l'apanage de l'humain, c'est pourquoi elle relève du combat que nous menons contre nos faiblesses. Errare humanus est.

 

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À la différence des injonctions cléricales, la spiritualité laïque n'impose rien.

Cette spiritualité-là n'engendre pas la mission de propager la « bonne parole ». D'ailleurs quelle bonne parole ? Une « vérité révélée » ? Des injonctions couvrant la vie de chacun du berceau au tombeau ? Non ! Simplement une prise en main de sa curiosité pour l'inexpliqué, tant extérieur qu'intérieur. L'Homme confronté à son moi et à ce qui l'environne et l'enveloppe.

 

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« La liberté de conscience est une des composantes de la laïcité et nous percevons

que cette liberté a aussi vocation à protéger les opinions religieuses ».

Claude Garcin, juriste.

 

On ne peut être plus clair ! Cette simple phrase de Claude Garcin renvoie tous les ennemis de la laïcité qui la caricature en irréductible adversaire des religions, à leurs mensonges et à leurs tristes et cauteleux sophismes. Le devoir des vrais laïques est de rappeler cette évidence encore et encore : non, la laïcité n'est pas l'ennemie des croyances et n'est pas non plus une sorte de pseudo religion, simplement : « Elle assure la liberté de conscience. Elle protège l'exercice des cultes... ».

Quand on veut la mort de son chien, on dit qu'il a la rage, la duplicité des adversaires de la laïcité va jusqu'à la falsification de ses principes les plus essentiels.

 

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Les lois de la Nature sont des lois écrites par l'homme.

Il est banal d'entendre que les lois de la Nature sont l’œuvre d'un dieu créateur, d'un grand Législateur. Il n'en est rien. Ces lois sont la formalisation de découvertes scientifiques faites par l'Homme qui les expose ainsi et les tient pour vraies, jusqu'à preuve du contraire ou de découvertes insoupçonnées. Newton perd de sa pertinence dans l'espace quantique, sans pour autant ne plus l'être dans l'espace macrocosmique.

 

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Nul besoin de croire pour s'interroger sur l'absolu ou l'infini, sur le temps compté ou sur l'éternité, sur l'infiniment petit ou sur l'infiniment grand, sur l'être ou sur le néant.

Les religions ont cette prétention d'être essentielles à cette interrogation et ce n'est vraiment qu'une prétention.

 

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Contrairement à ce que ses ennemis prétendent afin de la déconsidérer, il n'existe pas de modèle français de la laïcité au sens dogmatique ou de régime politique, parce qu'elle assure la liberté de conscience de tous. C'est une idée universaliste qui dépasse la notion de nation stricto sensu.

C'est aussi une utopie entrain de se réaliser, ce qui explique que tous les conservatismes soient à ses basques.

La laïcité ne tue personne, elle nous protège tous, croyants ou mécréants, athées ou déistes, agnostiques ou indifférents. Grâce à elle est garanti le libre exercice des cultes. Les seules limites sont celle dictées par la tranquillité publique. Peut-on être plus libéral, au sens politique ?

Chez les ennemis de la laïcité, chez les théocrates on tue, on décapite, on brûle et on massacre.

Comment peut-on souscrire à de telles horreurs au nom de dieux prétendument infiniment bons et miséricordieux. Alors les mots n'ont plus aucun sens et je songe à la « miséricordieuse cruauté contre les adversaires de Dieu » chère à Augustin. Tout un programme que des illuminés se font un devoir d'exécuter.

 

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Les monothéismes ont en horreur la chair et plus généralement les plaisir, d'où les sept péchés capitaux.

Franchement être damné pour aimer le bon vin, la bonne chère ou le commerce avec le beau sexe me paraît quelque peu surréaliste.

Le mérite n'est pas de fuir le plaisir, mais d'en user en maître et donc de n'en être point esclave.

 

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Les djihadistesde Daesh ne redoute rien tant que de se faire tuer par une combattante kurde. Ils craignent d'aller en enfer car la femme est un démon, c'est bien connu.

Pauvres imbéciles refoulés sexuels, incapables de concevoir leur rapport à la femme autrement qu'en termes de de violence et de mépris.

Mais où sont passé les poètes de Mille et une nuits ?

 

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La subsidiarité est un concept inventé par les jésuites qui consiste a renvoyer une action à l'échelon le plus proche des personnes concernées.

 

La loi El Khomery, en renversant la hiérarchie des normes, en est un bel exemple. Ce qui se mitonne maintenant à propos du code du travail en relèvera aussi en pire.

Macron a fait ses humanité chez les jésuites, il ne faudra jamais l'oublier quand nous analyserons sa politique. Les jésuites croient en une force supérieure – Dieu – qui gouverne les hommes. Pour les gens comme Macron, partisans de la religion dont le dieu annexe est le Capital, il convient d'organiser les hommes et la société pour la plus grande satisfaction de ce petit dieu, protégé par le Grand de toute éternité. Le dieu judéo-chrétien choisit ceux auxquels il donne la foi et donc ceux qu'il entend récompenser par la richesse et les honneurs. Les autres, confer Monsieur Macron, ne sont rien ni pour lui ni pour son petit dieu de pacotille.

 

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Qu'est-ce que la morale ?

 

C'est, ce me semble, elle qui règle les rapports entre les hommes. Elle se déduit de la nature profonde des hommes, animaux sociaux, qui en ont besoin pour éviter la guerre de tous contre tous. Elle édicte donc des lois qui harmonisent ces rapports en dehors de toute dépendance par rapport aux religions qui changent selon les lieux, les temps et les peuples. La morale se passe sans aucun risque ni problème de toute religion.

Le principe fondamental de la morale est le respect de la personne humaine, ce qui implique le devoir de respecter son semblable à la mesure où on entend être soi-même respecté. Cette obligation est à l'origine du droit.

Un homme pétri de cette morale reste donc indifférent aux opinions religieuses et métaphysiques de ses concitoyens, simplement, il leur demande d'avoir la même indifférence à son endroit.

En résumé : la source de la morale est le besoin de règles partagées par tous pour le bien de tous, son caractère est son indépendance par rapport aux croyances et elle est, à son tour, la source du droit dont nulle société ne peut faire l'économie. Même les anarchistes ont leurs règles.

 

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La laïcité n'est pas une philosophie, elle est un moyen de mettre à l'abri des excès religieux toute société qui s'en empare, la cultive et en fait son principe intangible.

 

Aucune philosophie ne peut être exhaustive, embrasser la totalité du monde ni non plus mettre un point final à aucune des questions qu'elle soulève. En revanche, il peut y avoir une philosophie laïque tout comme une philosophie anti-laïque est possible.

 

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Le déterminisme serait incompatible avec le libre-arbitre – le libre choix ? - et réciproquement.

Voire. Ce qui est incompatible avec le déterminisme, c'est quand il y a violation des lois de la nature, i.e. un miracle. Il est facile de prouver que le libre choix existe, même contraint par des normes morales par exemple, qui ne sont pas les inviolables lois de la nature : je peux choisir de me marier ou de rester célibataire – le curé le fait, sans que sa libido soit détruite pour autant -, je peux choisir de boire de l'eau tout à l'heure plutôt que du vin ; dans tous les cas évoqués qui pourrait soutenir que cela a été programmé aux temps des pyramides ou à ceux des dinosaures ? Le déterminisme absolu semble absurde et donc doit être remis en cause, l'aléatoire y pourvoit.

Le libre choix existe bien, même s'il est affecté par la relativité : j'aimerais voler mais ne le peux (impossibilité physique) que si j'apprends (libre choix) à piloter un avion et que je puisse en acheter ou en louer un (contrainte de fortune indépendante de mon choix).

Enfin, il ne semble pas possible que se forge aucune morale sans ce libre choix dont chaque humain est doté. Pour l'heure, il semble que libre choix doive être préféré à libre-arbitre, moins connoté.

 

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Je regarde effaré se déployer le macronisme, cet avatar du néolibéralisme.

La République serait-elle nostalgique de la monarchie ?

Une chose semble avérée : les Français, du moins ceux qui ont daigné voter, entérinent ce vieux phantasme, maintes fois entendu, « du bon tour de vis » qui est censé sauver la France. Mon grand-père maternel, qui avait fait la guerre du Rif marocain et vécu les deux guerres mondiales, se laissait aller à un autre envoi détestable: « C'est une bonne guerre qu'il faudrait à tous ces incapables. Ah ! Ils verraient... ». Où les incapables sont l'équivalent du « on » et du « ils » si souvent accusés de tous les maux. Le problème est que, précisément, ces « incapables », ces « on » et ces « ils » ne font évidemment pas partie de l'entourage de ceux qui les profèrent et eux-mêmes implicitement s'en exonèrent. On le verra à leur déception et à leur étonnement quand les purges de l'austérité, forcément inévitable, et autres violences faites au peuple et donc à eux-mêmes commenceront à fondre sur tous.

« Vous reprendrez bien un bon petit tour de vis, une once d'austérité et une petite amputation de votre retraite ? Allons, la France est En Marche vers le paradis libéral et Macron 1er en est le Potentat ».

 

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Pour l'essentiel, le système éducatif français a perdu le sens du bonheur d'apprendre (et d'enseigner) au profit du bourrage de crâne aggravé de la sottise de l'évaluation castratrice avec ses sanctions et la sélection qu'elles impliquent. Plutôt transmettre que punir. Plutôt susciter des élans que des repliements. Faire confiance à l'intelligence et la curiosité de nos jeunes gens et encourager les autres à apprendre tout au long de leur vie.

Un nouveau ministre, une nouvelle réforme et une bronca du mammouth, telle est la valse à trois temps qui donne le tournis... mais que le tournis et l'Université s'écroule sous le manque de moyens et sans doute d'envie.

 

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Une question me taraude : Pourquoi Dieu – s'il existe – aurait-il conçu l'Homme comme un être de désirs, si c'est pour l'empêcher aussitôt de les satisfaire ?

La thèse, plus que faiblarde, de la pensée judéo-chrétienne qui met en avant, en guise d'explication, le fameux libre-arbitre, ce cache-sexe de l'ignorance des clercs, ne peut apporter aucune réponse pertinente, à moins de décrire leur dieu comme vicieux et sadique, une sorte de chat divin qui aurait créer des souris humaines pour s'en amuser et les tourmenter. Dès lors, que devient l'être parfait ? Et tout le charabia censé en apporter la preuve ?

 

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BABACA 13

 

BABACA N°13

 

La maîtrise des science neurocognitives et les moyens de communication (NTIC) propre à la manipulation des esprits constituent un grand danger, non pas potentiel, mais bien réel et présent.

La faille est dans le fait quelles ne rendent pas compte du sens ? C'est sur ce point que la résistance humaniste doit s'organiser. L'humanisme est et restera l'expression de la confiance en l'humanité. Une vie dépourvue de sens vaut-elle la peine d'être vécue ? Le combat, même désespéré, pour la conservation de la vie, n'a-t-il pas en lui-même un sens véritable ? L'humaine condition ne peut être réduite à des algorithmes et à des équations. Quand cela advient, alors l'humanité est niée et le substrat des tyrannies prêt pour les emplois que l'on sait.

 

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La connaissance vient-elle de la contemplation ou de l'expérimentation ?

Indécidable dilemme fondé sur le desséchant dualisme qui aime tant l'alternative du oui ou du non. Il se pourrait bien que la réponse soit : des deux, s'appuyant l'un l'autre. Qui nie encore, de nos jours, que l'intuition précède bien souvent la création, l'invention ou la nouveauté. Il y a une « fabrication » de la connaissance et des processus pour y parvenir qui mêlent contemplation et expérimentation.

 

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On a, à juste titre, salué l'action de Simone Veil à propos de la libéralisation de l'avortement.

Bravo, mais il reste à saluer tous ceux qui se sont battus pour ce résultat. L'excellente madame Veil s'est trouvée à la bonne place au bon moment et dans la bonne disposition, évidemment. En effet, l'Église et l'État s'étaient toujours opposés à cette libéralisation. L'Église s'y oppose toujours en tant qu'indécrottable archaïsme institutionnalisé. Quant à l'État, il ne pouvait plus résister à la pression et ce n'est pas de gaîté de cœur qu'il a cédé, comme nous le rappelle les minutes des débats parlementaires.

 

L'État, lorsqu'il se sent menacé, n'a jamais d'états d’âme, comme le montre sa violence contre tout ce qui n'entre pas dans ses vues. Son opposition à l'avortement n'était donc pas une affaire de vie ou de mort, du moins comme on l'entend ordinairement. L'Histoire montre, adnauseam, que les bains de sang le laissent froid, il y développe même une authentique créativité. La grandeur des États s'est toujours mesurée au nombre de leurs sujets, ce qui fait qu' ils considèrent en ennemies toute pratique contraceptive ou abortive. Un enfant de moins à naître, c'est un travailleur de moins à exploiter, un soldat de moins à envoyer « sauver la Patrie », un contribuable de moins à plumer.

C'est donc bien la pression des militants et l'humeur du temps qui ont permis à madame Veil de décrocher sa loi contre les dénigrements et la violence des conservateurs, qui ne la ménagèrent pas.

 

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L' Ignosticisme considère qu’une définition cohérente d’une position théologique donnée doit être présentée avant que les questions portant sur la nature ou l’existence de ce concept ne puissent être discutées. Si un terme ne veut rien dire concrètement, par exemple, le terme "Dieu" n’a pas de sens puisque le concept de Dieu est trop léger, trop fragile, trop multiforme, conséquemment, le terme "Dieu" n'a littéralement pas de sens. Beaucoup, dont je suis, pense que c'est une position d'entre-deux, entre agnosticisme et athéisme, une façon en quelque sorte de ne pas trancher. Pourtant il faut choisir. Toutes les positions intermédiaires sont des positions d'épochê, de suspension du jugement. Par définition, un athée ne se pose plus ce genre de question.

 

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Ignosticisme, agnosticisme & athéisme.

En général, les croyants se réfèrent à leur dieu pour tenter de comprendre ou d'expliquer l'origine du monde, écarter ou se familiariser avec l'angoisse de la mort. Il lui demande en outre de leur fournir les clés pour approcher le « prochain* », construire une société la moins bancale possible, ou lui fournir une morale « clé en main ». Soit. Le problème est que Dieu se révèle incapable de les guider pour résoudre les conflits – bien au contraire -, pour convaincre ses féaux de ne pas exterminer ceux qui ne sont pas de leur chapelle, ni non plus d'universaliser l'art de vivre ensemble, au-delà de la multitude des croyances, qui toutes se proclament « la seule et l'unique ».

Une telle incompétence, un tel mépris pour la « créature » poussent, s'agissant du divin, à préférer la lecture de Homère à celle de tout livre réputé sacré. Homère est sans illusion sur les dieux, décrits avec tous les vices des hommes – les chiens ne font pas des chats - et manipulateurs lorsqu'ils suscitent l’hybris pour pouvoir les châtier – « Quand les dieux veulent la perte des hommes, ils les rendent fous ». Ils aiment la guerre de tous contre chacun et se régalent de l'impuissance congénitale de l'humain face aux mystères de la vie. Mais ils les laissent libres et ne cherchent en aucune façon la soumission absolue, le polythéisme l'interdit et chaque dieu a sa petite cour. Les livres sacrés ont d'autres exigence, à commencer justement par la soumission absolue.

 

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Savoir, sciences et recherche.

Il est plus raisonnable de se fier au savoir issu des sciences et de la recherche, car il est universel par définition puisque fondé sur la capacité commune à tous les hommes à raisonner.

Certes, la science avance par tâtonnements et ne nie pas qu'elle puisse se tromper, moyennant quoi cent fois sur le métier elle remet son ouvrage. Les religions n'ont pas de ces pudeurs, elles affirment et elles contraignent à croire. Or croire n'est pas savoir.

 

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Se complaire dans une religion c'est auto-limiter son intelligence.

 

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C'est une affaire entendue, les politiques, une fois parvenus au pouvoir, ne font que peu de ce qu'ils ont promis.

Ils ne sont certes pas des victimes de la fatalité. Je les crois assez intelligents pour avoir compris qu'ils devront sacrifier le Réel au Possible du fait des intérêts immédiats de l'action pratique. Alors pourquoi mentir ? Sans doute parce qu'ils savent aussi que les gens aiment rêver et sont enclins à confier leur avenir à des « grandes gueules », quitte à les renier bientôt.

On ne peut sortir de cette situation que par la venue au pouvoir de vrais créatifs, c'est à dire de gens prêts à sortir des schémas rebattus, après analyse et plan d'action crûment et dûment exposés. Le changement n'est jamais maintenant, il relève d'un projet qu'il faut mettre en place et de solutions qu'il faut trouver et dont il faut débattre. Il est méta, comme tout ce qui vit.

 

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Le prochain*, quelle rigolade !

On voudrait que cette notion soit universelle et il faudrait, n'est-ce-pas ?, aimer son prochain comme soi-même. Sauf que le prochain n'est pas universel puisque, tous, nous opérons des tris, consciemment ou non en fonction de nos intérêts, de nos amitiés/inimitiés etc., et que trier c'est exclure.

 

 

 

 

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BABACA 14

 

Qui n'a pas rêvé de changer le monde ?

Pour cela, il faut commencer par se perfectionner soi-même (le Moi, l'ego). En suite, il faut régler les problèmes domestiques (la Famille, la Maison, participer à l’ordonnancement harmonieux de la société), puis ceux du Pays (veiller à la Démocratie, à l'Équité, à l'Égalité, à la Liberté, à la Fraternité). Enfin, œuvrer pour la Paix universelle.

Tels sont les défis à relever. Le peut-on, le veut-on ?

 

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L'énaction.

L'énaction est un terme proposé par Francisco Varela qui énonce que nos différentes capacités s'avèrent inséparables de notre corps, de notre langage et de notre histoire. Toutes capacités qui nous permettent de donner un sens à notre vie. Au cœur de l'énaction est l'expérience humaine.

 

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Notre corps et nous.

Nous considérons ordinairement notre corps comme notre Soi, nous en prenons soin et l'entretenons, nous regardons le monde de son point de vue et percevons les objets depuis nos sens comme spatialement reliés à notre corps. Notre esprit peut bien vagabonder de rêve éveillé en sommeil pur, toujours nous revenons à lui, il est nous, nous sommes lui. Tout esprit veille et s'éveille dans un monde, mais ce monde n'est pas séparé de nous. Il est nous, nous sommes lui. Quand il meurt, notre esprit meurt avec lui. Il n'y a pas d'arrières-mondes.

 

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Notre esprit et nous.

Notre esprit invente le monde – les animaux en invente un autre. L'un des grand exploit du cerveau est sans doute qu'il produit une unité de conscience, i.e. qu'il réussit à faire concorder toutes les facettes de la perception. Nous sentons et ressentons notre propre contour, ce qui nous donne conscience d'être-là. Autre exemple, au moyen duquel on mesurera cette force d'invention : la vision est la transformation de la lumière en une perception visuelle d'un élément purement physique en une image influencée par les sentiments et une réalité subjective. Sans lumière, c'est le noir absolu, et paradoxalement, on ne peut percevoir le noir que si on l'éclaire.

Le cortex cérébral est le lieu où sont assurées les grandes fonctions de l'intellect : la connaissance, la prévision, la résolution des problèmes et, bien sûr, la conscience de soi. Je sens donc je suis. La vie sans les sens n'aurait aucun sens et le dualisme cartésien, qui sépare la corps de ce qu'il appelle l'âme, est une erreur. La res cogitans, la chose qui pense, cesse de penser quand le corps est mort et l’encéphalogramme plat. Notre esprit et notre corps sont deux entités inséparables.

 

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Clés.

Déduction : c'est la base de la logique. Elle est souvent illustrée par le syllogisme, mais pas seulement.

L'induction : elle va du particulier au général, mais sans assurance de certitude. (Tous les cygnes ne sont pas blancs). Elle est cependant très utile en philosophie et en science, car à partir de ses constat on peut bâtir des théories, construire des lois ou fonder des hypothèses... qu'il faudra cependant vérifier. C'est un processus dynamique.

L'abduction : c'est un raisonnement non déductif qui consiste à tirer une hypothèse d'une ou plusieurs prémisses. Il faudra alors tenter de vérifier cette hypothèse, sauf à tomber dans la dogmatique.

 

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Cosmologie.

Deux siècles avant notre ère, la philosophie chinoise des Huan énonçait : « [Il faut] voir le commencement du monde, non comme une création, mais comme le déploiement de la réalité en trois temps à partir du souffle originel (l'élan vital de Bergson ? Ou le Big Bang moderne?). Il y eu d'abord le dualité du ying et du yang, le Ciel et la Terre, qui se particularise en quatre saisons pour enfin se diversifier à l'infini dans le processus ininterrompu de formation/transformation. »

On est loin des cosmologies divines qui n'apportent rien d'autre que des hypothèses invérifiables. Le préfixe qui gouverne le monde et la vie est méta.

 

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Réserver la liberté d'expression à ceux qui partagent nos idées est une hypocrisie...

Et une mortelle erreur, car sur quels critères exigerions-nous qu'ils embrassent ou tolèrent nos propres points de vue, abandonnant ainsi les leurs, abdiquant en quelque sorte leur propre vérité. Où serait la nécessaire réciprocité ? Ne déboucherait-on pas, via la pensée unique, sur les prémices d'un pouvoir dictatorial ? L'argument, souvent avancé, du fait majoritaire est un peu faible. En effet, que la majorité décide des critères qui fondent la volonté générale et le bien public n'est pas une garantie suffisante. En démocratie, les majorités sont appelées à devenir minorités, c'est l'alternance des pouvoirs. Quand il n'y a plus d'alternance véritable, alors c'est qu'une caste s'est installée qui décide de ce qui est bel et bon pour tout le monde. Elle a souvent, tel Janus, un double visage ce qui lui permet de se pérenniser au-delà des votations successives. La liberté d'expression y est contrainte, voire inaudible – les média sont aux ordres, détenus par une oligarchie - et la démocratie défigurée.

 

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On aurait dû se méfier.

Nous sommes victimes de ce qu'il faut bien appeler le « mensonge européen ».

Nous avons été nombreux à être d'enthousiastes « Européens ». L'Europe, nous l'avions rêvée puissance... elle n'est qu'un segment de la mondialisation, certes pas totalement impuissant, mais totalement conforme à la doxa néolibérale, sans aspérités, désespérément lisse et aligné. On nous avait dit, en substance : « Faisons le grand marché, le social et le politique suivront et, au bout d'un processus vertueux, nous aurons une forte intégration des nations et la naissance d'une puissance politique capable de contre-balancer à la fois les ÉU et l'URSS... et nous avons le grand marché, rien que le grand marché, piloté par des instances plus ou moins opaques, toutes acquises à la doctrine néolibérale. Aujourd'hui, si l'on compare le résultat à l'ambition initiale, c'est un échec flagrant, en tout cas pour la démocratie.

Veut-on des exemples ? Jean-Claude Juncker, président de la Commission : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » Bel enterrement de première classe pour la démocratie ! Aussi et encore pire : « « Vous devez mentir quand cela devient important ». Toujours JC Juncker : « Nous prenons une décisions, puis nous la mettons sur la table et nous attendons un peu pour voir ce qui se passe. Si elle ne provoque ni tollé ni émeute, parce que la plupart des gens ne comprennent rien à ce qui a été décidé, nous poursuivons, pas à pas, jusqu'au point de non retour ». Cynisme assumé en toute impunité. N'oublions pas que le même JC Juncker, longtemps Premier Ministre du Luxembourg, a transformé le Grand Duché en paradis fiscal.

Voilà qui gouverne l'Union Européenne, convenons qu'on aurait dû se méfier.

 

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Le terrorisme est un crime publicitaire.

Les exécutants ne le savent pas toujours, mais le commanditaire le sait, lui. C'est même l'objectif premier de ses campagnes terroristes : semer la peur et la pagaille pour déstabiliser l'état et les populations visées. Pour un tel objectif, quoi de mieux que la la publicité ? Et ça ne coûte rien, les média se précipitent avidement dessus, assurant ainsi cette large publicité, tant désirée.

 

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Les biais de disponibilités.

Le psychologue Daniel Kahneman explique que nous jugeons un individu, une situation, en nous basant sur ce qui nous a causé la plus forte impression et qui nous revient donc le plus facilement en mémoire. On voit là le besoin de correction qu'il convient de rechercher, car cette observation de Kahneman nous est depuis longtemps connue sous la forme suivante : émotion vs raison, ce qui n'atténue en rien la formulation du psychologue, bien au contraire.

 

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Vouloir comprendre l'ordre du monde est une démarche quasi religieuse, chaque fois qu'elle n'est pas scientifique.

En revanche, le questionner pour l’organiser est une démarche civilisationnelle. C'est celle-là qui occupe le plus les êtres humains détachés de la religion et voulant penser en dehors de ses schémas.

 

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On nous rebat les oreilles de progrès infini, quand c'est de méliorisme social qu'il faudrait s'inquiéter.

 

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Intéressante citation de Lalande : « Par opposition à l'optimisme et au pessimisme, le méliorisme est une doctrine selon laquelle le monde peut être rendu meilleur par les apports de l'Homme correctement dirigés. »

L'interrogation polémique porte sur l'accord de dirigé, avec ou sans S. la nuance est de taille, dans le premier cas c'est l'Homme qui est dirigé, ce qui fait soupçonner un certain dirigisme et dans l'autre cas, ce sont les apports de l'Homme qui sont dirigés, c'est à dire mis en place intelligemment. Je n'ai pas trouvé la citation exacte, aussi suis-je enclin à préférer la seconde acception. Peut-être me trompé-je ?

 

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Quand passerons-nous du rêve de l'avenir à la réalisation du devenir ?

Rêver et faire rêver d'un avenir improbable empêche chacun de se mobiliser sur les problèmes ici et maintenant. Le rôle des média sous contrôle est d'entretenir le rêve, la fameuse libre disposition des cerveaux pour la publicité des marques, mais aussi pour le discours politique dominant.

 

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Un mensonge encombrant et toxique.

Il avance masqué, pourtant, le néolibéralisme est à envisager pour ce qu'il est, i.e., une pratique politique et un mode de « gouvernance » - vilain mot, venu du sabir managérial, qu'il ne faut pas confondre avec gouvernement - dont l'effet pervers est une dé-démocratisation à l’œuvre au sein même des démocraties.

La rationalité politique néolibérale met en danger la rationalité citoyenne propre à la démocratie. En effet, elle met l'homme au service de l'économie et de ses visées, renversant la logique qui voudrait que l'économie soit au service de l'homme, dans le cadre d'un projet démocratique citoyen.

 

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Néolibéralisme encore.

Le régime de concurrence absolue qui est « l'ADN » du néolibéralisme, nie et tend à détruire les régulations éthiques et politiques et ce, toujours au nom de la liberté d'entreprendre et du pseudo libre-choix des personnes et, à terme, noie la société et l'étouffe dans l’assujettissement universel marchand. Rien n'échappe désormais à la marchandisation et surtout pas les services publics et les systèmes de protection mutualisés. Partout où « il y a de l'argent à se faire », surgit l'emprise néolibéralisme et son objectif de destruction : rien ne fait plus horreur à cette idéologie que la gratuité ou la mutualité.

 

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N'oublier jamais...la Grande Révolution de 1789 fut bourgeoise avant tout.

Que la vie et la liberté sont à la fois lois et dons de nature essentiels ; quant à la propriété privée, elle n'est que convention et création humaine, issues des rapports de force suivis du phénomène d'accumulation capitaliste bien connu. La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 nie cet aspect des choses en sacralisant la propriété privée, c'est en cela que la grande Révolution peut, à bon droit, être qualifiée de révolution bourgeoise.

 

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La religions est dans une sorte de désarroi, ce qui ne lui enlève en rien sa pugnacité ni sa dangerosité.

La religions avaient pour accoutumée d'organiser l'espace public, mais aussi de « suivre » les gens du berceau au tombeau et de l'écuelle au plus profond du lit, conjugal ou non. Un immense pouvoir sur les esprits, mais aussi un immense pouvoir de coercition, dont elles sont ici ou là orphelines.

Aujourd'hui, les religions luttent pour retrouver ce pouvoir qu'elles croient leur être plus que légitime, mais consubstantiel à leur fonction de lien (sic) entre la divinité et les hommes. Un athée ne peut admettre cette prétention, c'est pourquoi les religion l'identifient comme l'ennemi qu'il faut abattre... et tous les moyens sont bons.

 

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L'aveuglement est enfant de l'égoïsme et des courtes vues.

Cela se traduit de nos jours par cette folie qui consiste à faire obstacle à l 'épanouissement de notre jeunesse. Cette pitoyable attitude est grosse de danger et de déconvenue. Sacrifier la jeunesse, c'est sacrifier l’avenir, parce que c'est sacrifier la relève générationnelle à l'égoïsme immédiat.

BABACA 16

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Ressemblances.

Les croisades, organisées par la papauté et l'Église catholique, étaient idéales pour l'aristocratie laïque de l’époque, puisque, outre l'assurance du salut éternel, elle pouvaient s'adonner avec la bénédiction divine à ses activités favorites, i.e. la guerre, la conquête, le meurtre, le pillage et tout ce qui en découle : le viol, l'esclavage etc.

Y a-t-il une si grande différence avec le djihadisme contemporain, pratiqué tant par l'EI que par ses supposés « loups solitaires » ? Je ne le pense pas. En effet, ces joyeux lurons, à l'imitation des croisés, que par ailleurs ils vitupèrent, peuvent, avec la bénédiction d'Allah cette fois et l'assurance d'un paradis peuplé de houris virginales, se livrer à la guerre, à la conquête, au meurtre, au pillage et à tout ce qui en découle : le viol, l'esclavage etc.

Religions que de crimes commis en vos noms !

 

Que de crimes en effet !

Depuis le concile de Latran III, en 1179, les évêques se devaient de poursuivre les hérétiques et « le bras séculier » devait les y aider, notamment en exécutant les sentences. L’Église ne met pas les mains dans le cambouis! Cependant, les évêques ne montrèrent pas un zèle excessif, ce qui conduisit le pape Grégoire IX (1227-1241) à instituer l'Inquisition pontificale qu'il confia, pour l'essentiel, aux dominicain – domini canis, les chiens de dieu. Pour le coup, l'Église s'est bien salie les mains ! Ceux-ci firent preuve du zèle adéquat et purent, à leur guise, initier des procédures juridiques extraordinaires contre les suspects et les torturer, à partir de 1252, pour les « arracher à l'erreur », litote aussi douce que la torture ne l'était pas. Il est à noter qu'aucune défense ne leur était octroyée, ni bien sûr la possibilité de faire appel. Ce dispositif dégoûtant dura jusqu'au 15 juillet 1834 en Espagne où il se doublait de la sinistre « limpieza de sangre », autrement dit la pureté du sang qui servit à toutes sortes d'exactions, comme persécuter le Juif ou le marrane, et ne fut abolie que 31 ans plus tard, le 13 mai 1865.

Alors quid de l'Inquisition aujourd'hui ? En fait, elle survit, depuis Paul VI, sous le nom de Congrégation pour la doctrine de la foi. Heureusement pour les mécréants, les hérétiques et tous ces gens infréquentables, la torture et les bûchers sont désormais hors de son pouvoir... et espérons qu'ils le resteront.

 

Le transhumanisme n'est pas un humanisme.

Même un optimiste serein ne peut écarter d'un revers de la main le danger potentiel de ce qui se cache derrière le projet transhumaniste et son outil principal l'Intelligence Artificielle, l'IA.

Sur cette dernière, il existe trois hypothèses de travail principales :

  1. La fabrication du sur-homme à la fois tout-puissant, omnipotent, parfait et immortel. (Homo deus, remplaçant homo sapiens !)

  2. Le cauchemar des machines intelligentes qui, à terme, réussiraient à dominer les humains.

  3. L'avènement du cyborg : mixte des deux précédents, où l'humain et la machine fusionneraient et formeraient une espèce hybride.

 

Je soupçonne le projet d'être porté, en plus des savants exclusivement avides de découvertes prométhéennes, par le libéralisme économique, notamment les GAFAM, qui flairent des monceaux de profits potentiels et se soucient assez peu des inégalités nouvelles qu'il engendrera.

 

Quelques bonnes nouvelles pourtant.

Les chercheurs qui portent la « révolution biologique », réfutent l'idée que le vivant soit réductible à un programme, i.e. un algorithme caché au sein de l'ADN, ce qui remet en cause le projet de transférer ce que vous et moi avons dans la tête vers des disques durs. En revanche, certains sont convaincus que la conscience est bien un processus central de pilotage des activités cognitives (Stanislas Dehaene) et donc essentielle aux activités humaines réfléchies. Réussir à créer la « conscience artificielle » serait une belle victoire pour les tenants du transhumanisme et une calamiteuse perspective pour l'Humain.

 

Certaines machines apprennent, cela s'appelle le « deep learning ». mais pour en arriver là, les machines apprenantes ont besoin de l'intervention d'un expert humain pour corriger les erreurs, car il s'agit d'une démarche par essai-erreur-correction-essai etc. On est loin du film « 2001, Odyssée de l'espace » et de son super ordinateur hors de contrôle. En fait, aucune machine apprenante n'est capable de transférer ses capacité d'un domaine à un autre, elles ne comprennent pas ce qu'elles font. Par exemple, les supers ordinateurs Alphago, champion du jeu de go et Deep blue, champion d'échecs, ne savent que jouer au jeu de go ou aux échecs. Ne leur demandez rien de plus.

Cela devrait nous rassurer (un peu). L'émotion, par exemple, est avant tout un phénomène physiologique, une réponse à nos états physiologiques lesquels sont à l'origine de la culture, i.e. du langage, du savoir, de la sociabilité et de la raison (le logos) est, pour l'heure, hors de portée des ordinateurs. Les émotions suscitent les fameux « états d'âme », cette capacité si humaine qui nous distingue encore des robots. Les pessimistes posent la question :  « Pour combien de temps encore ? ». Je ne crois pas un robot capable d'émotions, sauf programmés par l'homme et recouvrant des situations bien précises, listées et mises en place avec des objectifs précis – voir les robots sexuels.

 

Le cas de la vache Rosita.

En Argentine, il a fallu pas moins de six mères-vaches et deux gènes humains prélevés sur deux femmes différentes, pour enrichir une cellule-souche - d'où est sortie Rosita - dans le but d'obtenir d'elle du lait doté d'enzymes jusqu'ici présents dans le seul lait maternel humain. Cette manipulation a permis l'avènement de la super vache, aimablement définie par ses créateurs comme « bio-moteur » !

À quand les « Rosita » humaines programmables ? Comme dit le sage, analysant les comportement humains : « Si on peut le faire, on le fera ». Ce sera pour dans une dizaine d'années, pense-t-on ; le temps qu'on en sache autant sur la génétique humaine que sur celle des bovins. Et le ciel s'assombrit...

 

Réflexions à propos du crédit.

C'est une affaire entendue, le crédit est un outil structurant dans les processus de production, de fluidification du commerce et d'accès à la propriété, sans lui tout serait bien plus compliqué, voire certaines opérations impossibles. Mais, car il y a un mais, comme pour une médaille il a deux côtés.

Et l'envers de la médaille est que que le recours au crédit et sa relative facilité d'accès, crée des relations de dépendance. La dette est un moyen d'asservissement qui limite la liberté de l'emprunteur. Les organismes de crédit le savent bien qui n'hésitent pas à prêter à des états, des entreprises ou des particuliers, tout en sachant ceux-ci à la limite de leurs capacités de remboursement. Dès lors, le lacet est sciemment suffisamment serré, mais à la limite de l'étouffement. Telle est la stratégie, il ne faut pas tuer la « poule aux œufs d'or » ! D'ailleurs, quel intérêt y aurait-il pour un créditeur, conscient du pouvoir qu'il exerce sur lui, à voir le débiteur se débarrasser de sa dette et ainsi lui échapper ?

 

La Renaissance.

N'en déplaise à qui n'a que mépris pour le Moyen-Âge, la Renaissance n'est pas un point de départ, mais l'aboutissement d'une évolution qui court tout au long de la période médiévale, pas si obscurantiste qu'on se plaît à le dire. À son tour, elle devient le point de départ, d'une autre aventure, celle de l'humanisme, qui connaîtra son acmé au cours du 18è siècle et qui est de nos jours rudement malmené.

BABACA N°17

BABACA 17

 

Prostibulum publicum.

Les scandales d'hier n'excusent pas ceux d'aujourd'hui.

Les ONG sont dans une tourmente qui révèle un côté qu'on ne soupçonnait pas, Oxfam, les « médicaux » et même Amnesty International, sont contraints de répondre sur des débordements à base de sexe, de harcèlement etc... Pitoyable ! Faudra-t-il inventer une ONG pour leur enseigner la dignité ?

 

S'il n'y a pas d'alternative, alors il n'y a plus de démocratie.

« TINA, there is no alternative », ainsi s'exprimait la pasionaria du libéralisme économique débridé, donc « sans entrave », Margaret Thatcher, la briseuse de syndicats de sinistre mémoire.

La thèse est que cette vision constitue un « horizon indépassable », ce qui revient à dire qu'elle n'est qu'un confinement, un bouclage étanche. Dès lors qu'elle marge reste-t-il pour que fonctionne le jeu démocratique ? S'il n'y a pas d'alternative, à quoi bon voter ? À quoi bon réfléchir sur la politique, sur l'avenir, sur les progrès humains ?

La doxa quasi officielle ne cesse de nous rabâcher que ce libéralisme-là est porteur de démocratie et de libertés, ce qui est pur mensonge. La Chine communiste ou le Chili de Pinochet sont là pour nous rappeler qu'il est parfaitement compatible avec tout régime, communiste ou dictatorial, pourvu qu'il engraisse une caste de profiteurs et soit protégé par elle. Le libéralisme économique a toujours fait montre d'une incroyable plasticité et d'une faculté d'adaptation phénoménale quand il s'agit de préserver les intérêts qu'il sert. Qui dira le contraire qui serait intellectuellement honnête ?

 

Le ressort fondamental du libéralisme économique n'est certes pas le bien-être des gens, mais bien l'égoïsme universel.

Même le socialisme, qui prétendait corriger l'égoïsme, y a succombé sous le vocable de démocratie sociale.

 

Dualisme et monisme.

La thèse de Descartes est connue qui sépare le corps et ce qu'il appelle l'âme, ou encore la pensée et l'étendue. Il n'est pas le seul dualiste évidemment, mais j'en resterai à lui pour cette mini réflexion. Pour le dualiste, ce serait l'âme qui sent, souffre, perçoit, aperçoit, projette et juge. Question qui surgit aussitôt : suis-je un corps, que piloterait mon âme ? Ai-je un corps, disposant d'une âme ? Ou bien suis-je ce tout UN qui confond l'esprit et le corps en une unique réalité, comme le pense Spinoza, un moniste des plus conséquents ?

Pour le monisme, nul arrière-monde, car avec la mort, il n'y a plus rien à penser et la faculté intellectuelle disparaît. De là, concluent en substance les monistes, vivez bien ici et maintenant, autant que faire ce peut dans la joie et la bonne humeur, aimez la Vie. Mais redoutez la toxicité des privations comme celle des excès de la débauche et de l’hybris des anciens Grecs, rejoignant en cela Épicure. Spinoza n'a pas dit autre chose.

L'homme est partie-prenante de la bio-diversité. Il se peut qu'il soit, par rapport aux animaux, le plus abouti d'entre eux au plan intellectuel.

Voyons cela : on distingue trois fonctions du vivant : la fonction végétative : croître et se développer, en opposant la néguentropie à la règle universelle de dégradation, l'entropie. (À la toute fin, c'est l'entropie qui aura pourtant le « dernier mot »). La fonction sensitive : sentir, désirer. Commune à tous les êtres vivants. La fonction intellective enfin : penser rationnellement. C'est chez l'homme qu'elle est la plus aboutie, mais nombre de scientifiques et de chercheurs n'écartent pas l'idée qu'elle puisse être présente chez certains animaux sous une forme atténuée ou même en évolution. (Certains primates, comme l'orang-outang, sont capables de concevoir des artefacts). La question reste ouverte.

 

 

Les « qualités » de Dieu, selon les conventions habituelles :

Dieu est parfait, infini, invisible, impossible à penser, insipide, intouchable, inaudible et inodore ; nul déterminisme ne peut lui être appliqué, ce qui fait que l'homme ne peut rien dire de lui en dehors de conjectures improbables et improuvables, relevant plus du phantasme que d'autre chose.

Si on admet tout ce qui précède et qui fait de Dieu l'être absolument parfait, il faudra dès lors admettre que, en tant qu'être parfait, on ne peut rien lui ajouter ni lui retirer, il n'est donc nullement question pour lui qu'il subisse (le vilain mot s'appliquant à Lui!) le moindre « souci » qui pourrait entacher sa sérénité.

Conclusion : il ne s'intéresse pas à la Création, cette boite à chagrin, dont il n'est sans doute pas l'auteur quoi qu'en disent ses inventeurs.

 

Mythologie.

Le rôle de la mythologie, disait Roland Barthes, est de nous prémunir de l'histoire. Certes, mais aussi de nous raconter des histoires. C'est ainsi que les hommes ont inventé les dieux et toutes les fables qui vont avec.

 

À quoi peut bien servir la fiscalité ?

Quoi qu'en pensent nombre de nos contemporains, y compris membres des classes les plus défavorisées, certainement pas à « empêcher » les créatifs et les dynamiques à vivre leur vie de héros de l'économie, mais à corriger l'inégalité de marché.

L'inégalité de marché est un phénomène naturel et c'est à l'État de mettre en place les corrections nécessaires qui passent par la fiscalité redistributive, à l'origine des services publics, des systèmes de sécurité sociale, etc. Bref tout ce qui tend à rendre les sociétés modernes moins inégalitaires.

 

La théologie du libre marché et de la rentabilité absolue s'oppose à la notion même de service public. Voilà pourquoi le néolibéralisme économique est bec et ongles contre l'impôt qu'il déteste pardessus tout et qu'il fuit comme la peste. Évasion fiscale et paradis fiscaux sont les deux mamelles de l'économisme libéral.

 

Les sociétés inégalitaires sont le fruit d'un triple fléau bouclé sur lui-même : le capitalisme (et sa violence sociale), l'impérialisme (et son militarisme congénital), le racisme enfin (et ses discriminations institutionnalisées). Ambitionner la simple Égalité et sa parèdre la Fraternité contribue à construire une société de Liberté. Nous devrions bien nous en souvenir dans notre pays inventeur de la devise : Liberté, Égalité, Fraternité.

 

Religion et superstition.

Selon certains, il y aurait une différence entre vraie religion et superstition. Moi je veux bien, mais qui décide de ce qui est vrai et de ce qui ne l'est pas ?

Je crains pour les croyants qu'il soit impossible de répondre à cette question pourtant fondamentale, ce qui renvoie dos à dos religion et superstition.

 

Biologie et citoyenneté.

Biologiquement, nous sommes des êtres singuliers, mais parallèlement, nous sommes aussi des sujets politiques, comme l'a si bien énoncé Aristote : « L'homme est un animal politique », ce qui signifie que l'être singulier/homme devient homme parmi les autres, en vivant dans une société régie par des lois et des coutumes voulues par eux collectivement. C'est ainsi qu'il devient citoyen objet, sujet et concepteur de droits. L'homme est donc aussi un animal social et grégaire.

 

L’individuité, néologisme de Stéphane Sangral, psychanalyste et écrivain, est la sacralisation de tout individu et la désacralisation de tout groupe. C'est d'évidence le nom d'une ambition essentiellement asociale, que Sangral fait mine de croire humaniste. Errare humanus est.

 

 

BABACA N°18

BABACA N°18

 

Quelle différence y a-t-il entre « vraie » religion et superstition ?

Je reviens sur cette question abordée dans la livraison N°17.

C'est une question chère aux religieux mais qui n'a pas grand sens, en effet, qui décide de ce qui est vrai ou de ce qui est faux ? Des prophètes inspirés ? Des escrocs à la crédulité ? Des cupides professionnels qui ont flairé la bonne affaire ?

Sans doute une peu tous ceux-là, sauf que leur vérité est frelatée. C'est dans cette engeance que se recrute les clergés. Le génie de ces gens est de réussir la mutation sournoise du cultuelle vers le culturel, ce qui permet à d'aucun de brandir « les racines chrétiennes de l'Europe » ou le fantasme de « l’Oumma ».

 

Les fameuses racines sont un outil de propagande qui, heureusement, n'est plus aussi efficace qu'il fut.

En 1982, par exemple, Jean-Paul II lançait depuis St Jacques de Compostelle cette adresse : « … je te lance, vieille Europe, un cri plein d'amour : sois toi-même. Découvre tes origines. Ravive tes racines. Revis ces valeurs authentiques qui ont rendu ton histoire glorieuse et offre ta présence aux autres continents. »

C'est sidérant ! Nos racines sont bien autant gréco-romaines et il a fallu attendre la Renaissance pour que le barrage chrétien faiblisse face aux savoirs et à la philosophie, tenus soigneusement à l'écart du vulgum pecus par un clergé peut enclin à abandonner la moindre parcelle de son autorité en toutes matières. L'ignorance est une bonne affaire pour tout manipulateur et les religieux appartiennent à cette sinistre catégorie. Quant aux valeurs et à l'histoire glorieuse, je crains qu'elles ne furent exaltées par le Pape pour cacher les turpitudes bien européennes que furent les guerres de religions, la colonisation qu'accompagnait l'évangélisation des « peuplades » autochtones, le « commerce triangulaire », les conversions forcées et l'inoubliable barbarie de l'Inquisition. Quant au « cri plein d'amour », c'est un abus de langage commun aux religions qui se prétendent religions d'amour.

 

Les propos totalisants sont des propos totalitaires.

C'est ainsi que dire que « Tous les hommes sont des porcs » comme le prétendent certaines militantes féministes (#metoo, #balancetonporc) est aussi stupide que de dire en miroir: « Toutes des salopes ». C'est stupide et un brun facho et cela ne contribue pas à la remise en question de certains comportements, bien au contraire.

 

Laurent Wauqiez, ce perroquet.

Au tournant du XIVè siècle surgissent le bon et le mauvais pauvre, expédiant aux orties la charité chrétienne qui était censée s'adresser à tous les pauvres sans exception. Autrement dit, cette discrimination nouvelle introduit la criminalisation du mauvais pauvre pour fainéantise et oisiveté. Cela vous a un goût de déjà entendu, au prix de anachronique.

L'Église, alors surplombante en diable, relaya la demande des autorités de ne plus faire l'aumône « aux gens sains de corps et de membres ». Jean II, dit le Bon, n'avait-il pas stigmatisé et menacé, au-delà de toute charité, ceux « qui se tiennent oyseux par la ville de Paris ». À Paris justement, en 1544, le Grand Bureau des pauvres fut mis en place et s'il s'agissait toujours d'aider et de nourrir les nécessiteux, il convenait surtout de mettre au travail les mendiants valides... Tous des fainéants, on vous le dit !

En 2010, Laurent Wauqiez, alors ministre des Affaires européennes, s’en prit à ce qu'il appelle le «cancer de la société française», i.e. l'assistanat (horresco referens). On notera ce que ce terme barbare charrie de péjoration. C'est en tant que chef du club de réflexion,la « Droite sociale (sic) » qu'il annonça le dépôt d’une proposition de loi qui imposerait un «service social» à tous les bénéficiaires du RSA. Ce travail obligatoire serait d’abord expérimenté dans des départements volontaires.

Retour de facto à la lutte contre les « oyseux » de Jean II. À sept siècles de distance, un psittacisme éculé contre des gens dont le plus grand péché est d'être sans travail - donc oisifs ? Jamais Laurent Wauquiez n'a envisagé de s'en prendre aux donneurs d'ordre qui sont, chose étrange, ceux qui embauchent. « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. », n'est-ce pas cher M. de La Fontaine ? N'est-ce pas M. Wauquiez ?

Et puis, le grand Twitomane qui préside au destin des États-Unis a eu cette idée géniale : pour faire cesser les incendies de forêts, il suffirait de couper tous les arbres. Plus rien à brûler, plus de flammes ! M. Wauquiez, notre bon perroquet, pourrait reprendre en l'aménageant cette brillante idée : supprimer les pauvres, serait supprimer l'assistanat ce cancer etc...

 

S'il n'existe pas de démocratie pleinement atteinte, les atteintes à la démocratie ne manquent pas.

Notre Vème République est sortie du champ des authentiques démocraties depuis l'extravagante montée en puissance du président de la République et l'affaiblissement spectaculaire du premier ministre. La bronca de Pompidou face à De Gaulle est impensable aujourd'hui, ni le « Moi c'est moi et lui c'est lui » de Laurent Fabius face à Mitterrand.

Dès son établissement, par sa Constitution, la Vème République était potentiellement appelée à dériver vers une monarchie élective, et si De Gaulle avait cru bon de préciser que ce n'était pas à son âge qu'il enfilerait la tenue de dictateur, tous les présidents qui ont suivi, peu à peu, ont accentué le caractère monarchique sous-jacent à la Constitution. Le point d'orgues est atteint avec Monsieur Macron. La preuve ? Le premier ministre a quasiment disparu et tout descend ou remonte de l'Élysée. Jacobinisme autoritaire, morgue et brutalité sont les caractéristiques de ce pouvoir. Nous voilà bien loin du gouvernement du peuple par et pour le peuple.

 

La haine est participative, elle nous lie à l'être ou à l'objet haï.

Elle est donc contre-productive. En fait, l'indifférence ou un certain mépris conviennent mieux et établissent heureusement une vraie et radicale distance.

 

Sur les médias.

La presse, qui historiquement s'est construite contre le pouvoir politique au point d'avoir été ressentie comme le quatrième pouvoir, tend de plus en plus à s'identifier à lui au fur et à mesure qu'il tend lui-même à s'effacer devant le pouvoir économique. Ce n'est qu'un paradoxe apparent, car les médias appartiennent désormais aux puissances économiques et il y règne, à défaut de censure avérée, une auto-censure consentie et nullement niée par les journalistes eux-mêmes.

Les médias sont devenus un segment de l'« intertainment » universel, ils choisissent les informations vendables, amusantes ou clivantes car il faut vendre du papier et, à la télévision, libérer du « temps de cerveau» pour la publicité. Au bout de ce mauvais compte, ce qui n'est pas montré par la télé ou évoqué en bonne place dans la presse, n'existe pas. Ce qui fait penser à cet ancien slogan du quotidien Le Progrès de Lyon : « Si c'est vrai, c'est dans Le Progrès » qu'il fallait entendre : « Si c'est dans Le Progrès, c'est vrai ».

L'information se réfugie dans des publications spécialisées, (parfois militantes, mais là au moins sait-on qui nous parle et d'où) et les recoins improbables du Net. S'informer est devenu une quête quasi ésotérique.

 

Prier.

C'est magique ! En réalité, cela relève plutôt de deux notions : demande de faveurs ou doléances. Tout se passe comme si un « Supra-terrestre » pouvait, de sa seule volonté, régler les problèmes des orants. Implicitement, celui ou ceux qui prient accordent à la divinité sollicitée le pouvoir de miséricorde, de grâce et de pardon en plus de celui de modifier le cours du temps ou des choses. C'est proprement hallucinant. Cette croyance en la toute puissance et en la miséricorde est le lien qui attache le croyant à son dieu en même temps qu'elle est une taie sur sa lucidité. Les clergés de tous poils le savent bien qui appellent sans cesse leurs ouailles à la prière.

 

 

 

 

 

BABACA N°19

BABACA N°19

 

Inhumanité et barbarie moderne : les barbares ne sont pas toujours ceux qu'on croit.

Cela faisait 38 ans que Carey Dean Moore, 60 ans, était l'hôte du couloir de la mort de la prison de l'État du Nebraska. Cet État qui avait aboli la peine de mort, et de fait commué sa peine en prison à perpétuité, l'a rétabli bien vite, sous la pression des électeurs appelés à se prononcer par référendum. Il a reçu, le mardi 14 août 2018, un coctail effrayant de quatre produits dont une horreur qui a nom fentanyl, un opiacé cinquante fois plus puissant que l'héroïne et près de cent fois plus puissant que la morphine.

Ni ses avocats ni le laboratoire allemand, fabricant du produit létal, qui avait engagé une procédure judiciaire pour bloquer l'exécution de Moore en arguant que le Nebraska avait illégalement obtenu ces produit auprès de sa société, n'ont pu arrêter le processus.

Entre les citoyens adeptes de la peine de mort pour les autres - forcément pour les autres - et une justice assez cruelle pour faire durer indéfiniment le suspens en prenant son temps tout en massacrant celui du condamné, pour au final tout soudain s'empresser, il y a bien barbarie. Ça se passe au 21è siècle!

Les mauvaises langues prétendent que la décision fut hâtée par le fait que certains produits atteignaient leur date limite de consommation. Ça fait froid dans le dos, mais, est-ce vrai?

Tout cela donne la nausée. Et pourtant, on sait qu'en France existe une majorité pour souhaiter le rétablissement de la peine de mort... pour les autres, naturellementemment (air connu).

 

Croire, cest imaginer que l'on sait.

Mais la croyance, pour sortir de la sphère purement privée, a besoin de s'insérer dans le partage social. Dès lors, pour résister à la fantaisie naturelle de chacun, il faut la théoriser et l'inscrire dans le marbre d'une doctrine. C'est sur ce terreau que prospèrent religions, théories politiques, économiques ou autres.

Sachons rester en dehors de toute doctrine.

 

Mutation.

Quand l'État devient moins paternaliste, c'est qu'il perd pied. Alors il est tenté par la répression et devient de plus en plus policier. La grande perdante est toujours la démocratie.

 

Esprit, désir, volonté et morale.

Il ne peut pas y avoir de conscience sans esprit, il ne peut pas y avoir d’esprit sans corps pour le faire exister, supprimer la vie du corps c'est supprimer l’esprit qui le hante. Car ce qui commande au corps, c’est l’esprit ; ce qui émane de l’esprit, c’est l’intention et la volition ; un corps sans esprit n’a ni vouloir ni intention. C’est ainsi qu’un arbre croît sans qu’il en ait le vouloir ni l’intention, simplement, il est dans sa nature de croître, comme il est dans la nature de la vigne de donner du raisin. L' intention du raisin est-elle qu’il donne du vin ? et son vouloir qu'il donne un grand cru ? Ces deux opération ont-elles à voir avec la morale? Répondre oui ne serait pas très sérieux.

L’esprit est la source première et unique de toute moralité et son moteur est l’intention, mais si l'on admet que l’être humain est un être désirant, il reste à examiner la légitimité de ses désirs alors intervient la morale. Posons que le "principe" n’a ni intentionnalité, ni projet, ni capacité créatrice, il faut donc qu'interviennent désir, volition et volonté pour mobiliser l’énergie propre à créer et à réaliser. Et cela posé, il faudra encore se décider sur la "morale".

 

L'inconscient participe du Soi et doit être conçu comme la machine désirant qui se connecte aux réalités géographiques, historiques, politiques et sociales et les met à la disposition du Moi, le véritable agissant, à la manière d'une banque de données, que l'auto-référence repère et interprète.

Dit autrement l'Homme est indéniablement acteur de son propre développement. Le système-personne se déploie et agit dans son milieu, ce qui le met en présence d'autres systèmes (personnes ou structures sociales) avec lesquelles il interagit selon les mêmes modalités. C'est une mise en abyme où la bio-cognition fonctionne par appropriation de savoirs (et de comportements) à la fois par consommation ( hétéro) et par production (auto), ce qui est au cœur de la problématique assimilation/accommodation/adaptation. Ceci éclaire l'aspect spiroïdal du devenir de la personne jetée dans le monde, y compris dans celui du travail. Je dis spiroïdal car c'est un processus où rien n'est définitivement clos, parce que la complexité du monde s'énonce en termes d'incertitude, d'incomplétude et d'indécidabilité, mais laisse au génie humain le champ infini de l'imaginaire qui engendre ce dynamisme riche de changements incessants et d'opportunités potentielles pour la construction de soi. L'imaginaire a à voir avec l'expression de la créativité de chacun.

 

« Homo sum, humani nihil a me alienum puto » :Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. Publius Térence, repris par Montaigne.

L’honnête homme, au sens des Lumières et dans la droite ligne de Térence et de Montaigne, conçoit l’humanité comme un seul corps. À ses yeux, tous les hommes, étrangers ou familiers, proches ou lointains, sont ses frères, ses fils. Il souhaite les protéger et les préserver, pour tous il voudrait subvenir aux besoins moraux et matériels, mais sa lucidité lui commande de commencer par l’éducation à l’abandon de l' hideux égoïsme et à la reconnaissance en tant qu’homme unique et fraternel de chacun pour chacun.

On touche là les limite de l'humanisme qui, s'il prône à bon droit l'égalité et le respect au niveau social, est de peu d'effet pour ce qui concerne les inégalités politiques (peut-il sauver des migrants en mer?) et économiques (que peut-il faire de concret contre l'accumulation capitaliste?). L'humanisme est cependant une morale, mais à coup sûr pas une religion et moins encore une théorie économique et politique. Bien qu'il vise le bonheur individuel et l'ordre social, il ne dispose pas des moyens pour les imposer, et ne peut donc compter que sur la démarche volontariste et personnelle des individus qui se réclament de lui.

 

La pensée critique

La théorie et la pensée critiques ne sont pas réductibles à une spiritualité.

La pensée métaphysique marche au gré du vent, si l'on peut dire, en ce sens qu'elle fait appel à des concepts et des croyances invérifiables. Dans la conception rationaliste, seuls les forces humaines se trouvent mobilisées et elles ne le peuvent que dans l'ordre de la rationalité et de l'expérience renouvelable, vérifiable et partageable. Foin de révélations, foin de transcendance ni d'argument d'autorité.

Le dynamisme de la pensée critique réside dans la possibilité de pouvoir à tout instant la mettre à l'épreuve du désaccord, de la contradiction, du doute enfin, dans l’inconfort intellectuel. En effet, si l'on écarte a priori toute référence transcendante, cela met la pensée en face d'elle-même avec ce que cela peut engendrer d'inquiétude intellectuelle et de sentiments diffus de se heurter sans cesse à des apories.

On peut dire de la pensée critique qu'elle est le moment de vérité où elle s’avise d'elle-même, consciente qu'elle ne peut recourir à nulle autre chose qu'elle-même dans sa fonction d'appréciation et de jugement, sans point d'appui extérieur au monde sensible et à la connaissance empirique.

Il y a une pédagogie de l'erreur, car si je mets tout en œuvre non pour l'évacuer ou la rejeter, mais au contraire la comprendre, i.e comprendre pourquoi je n'avais pas compris, pourquoi j’ai échoué, alors j'ai fait un pas dans l'acte de connaître et je deviens l'auteur de ma propre pensée : liberté délicieuse, si l'en est, mais sans doute pas sans danger.