Sous l'assaut des intégristes religieux

Sous l'assaut des intégristes religieux.

 

L'histoire des conflits est celle de la course éternelle entre la flèche et la cuirasse. La course consiste en la perpétuelle amélioration de la force de pénétration de la flèche tandis que la cuirasse sans cesse se renforce pour s'y opposer. Ils en va de même pour les luttes idéologiques et/ou religieuses, si bien qu'il y a beaucoup d'inquiétudes à constater qu'aujourd'hui la consistance de la cuirasse (le corpus philosophique, mais aussi la pratique quotidienne) s'étiole et s'abandonne dans un confort trompeur et dans le conformisme mou de nos gouvernants. Le terrain est ainsi rendu propice aux assaillants qui savent bien en profiter.

 

Ne pas s'armer intellectuellement est absolument fautif.

 

L'assaut mené par les extrémistes salafistes dopés aux pétrodollars, contre les démocraties constitutionnelles respectant les Droits Humains, relève de cette lutte. Ne pas s'en soucier et surtout ne pas s'armer correctement, intellectuellement entre autres, est absolument fautif. L'adversaire ne fait et ne fera pas de cadeau, il est porteur d'un projet politique proclamé sans complexe : il s'agit d'islamiser l'Europe en générale et la France, ce petit Satan, en particulier.

 

Il est banal et convenu de rappeler que le salafisme s'en prend d'abord aux musulmans et que partout où il arrive en position de force, il organise une régression spectaculaire à tous les niveaux : politiques, artistiques, sociétaux etc. La pire des dictatures s'abat en priorité sur les femmes renvoyées à des temps moyenâgeux et barbares. Comment ignorer ce que l'Iran est devenu sous la botte des ayatollahs, même s'il semblerait que le lacet se dessert peu à peu, notamment grâce au courage des femmes ? Comment fermer les yeux sur les destructions des bouddhas et des tombeaux de Tombouctou, sans parler de l'interdiction de toute culture véritable? Et que dire de l'ensevelissement des femmes musulmanes dans un tombeau de tissu ? La charia comme référence, dans toute sa sauvage brutalité, tel est le régime juridique qu'ils rêvent d'imposer et qu'ils imposent partout où ils le peuvent. Qui voudrait vivre dans un pays structuré par de telles lois ineptes ? Pire, l'une des caractéristiques de ces sociétés, qu'on voudrait nous imposer, est la haine du sexe et du plaisir qui dénote une évidente névrose et une libido d’obsédés totalement délirante.

 

Un cran de plus est franchi dans la maltraitance des femmes

et le Prophète n'y est pas pour rien.

 

Les femmes sont maltraitées et maintenant, nouveauté, elles sont envoyées au combat. Passons sur l'aspect particulièrement courageux que montrent en l'espèce ces messieurs les « entrepreneurs de terrorisme », bien calés dans leurs sofas au fond de leurs tanières. Ce qui interpelle c'est le changement de pied que cela dénote – eh oui, n'importe quel livre sacré peut être tordu à la demande. Pour eux, jusqu'ici, la femme était vue, comme l'ornement de la maison et comme la reproductrice assurant la génération. Prisonnière ou l'esclave, comme le repos du guerrier, bien meuble qu'on peut vendre ou échanger et dont on use à son gré. Mais elle n'avait pas vocation à combattre. Envoie-t-on au front une mineure placée sous la coupe du père, du mari, des frères ou des oncles ? Ils la répudient d'une formule : Les Factions 33-4 ; « Sois pour moi comme le dos de ma mère » (sic) et ont inventé un « mariage temporaire » très pratique. Autrement, ils la lapident en cas d'adultère. En fait, le seul « privilège » qu'elle avait était d'être exemptée de guerroyer, et on comprend la frayeur du musulman quand on sait que pour lui, être tué à la guerre par une femme est l'abomination absolue – cf/ la peur des combattants de Daech d'être tués par une guerrière kurde.

 

Le sort que le Coran réserve aux femmes semble, pour l'essentiel, n'être que le règlement intérieur mis en place autrefois pour apporter les solutions aux problèmes du harem du Prophète, ainsi la sourate Les Factions l'établit-elle du verset 28 au verset 35. Parmi ceux-ci cette perle : 33-30 « Oh femmes du prophète, à celle qui parmi vous perpétrera une turpitude avérée, un châtiment double deux fois ». La sanction au carré, une nouveauté et une pure cruauté.

« O Prophète !, dis à tes épouses et aux femmes des croyants de serrer sur elles leur voile ! Cela sera le plus simple moyen qu'elles soient reconnues et qu'elles ne soient point offensées ». L'homme musulman, comme on le voit, est peut assuré de lui-même, de ses coreligionnaires et de sa ou ses épouses, c'est pourquoi il se réfugie dans cette injonction qui consiste à faire disparaître un être humain sous une avalanche de tissus.

 

Opposer la Raison à ces folies.

 

À ces folies d'un autre âge nous devons opposer la Raison. Je ne parle pas ici du bon sens qui est totalement étranger à l'appareil conceptuel des religions, mais de la raison comme méthode et voie qui peuvent et doivent atteindre tout intelligence assez ouverte pour écarter, même momentanément, les dogmes et les doctrines qui vont avec. Les rigidités culturelles et religieuses détruisent les libertés individuelles, c'est souvent leur objectif caché ou avoué, et les conflits ainsi engendrés peuvent, à terme, conduire le monde à sa perte. La République Française dont les fondements, outre la devise Liberté, Égalité, Fraternité, sont le respect des Droits de l'Homme et du Citoyen et les quatre attributs énoncés dans la Constitution du 4 octobre 1958 : indivisible, laïque, démocratique et sociale, parce qu'elle respecte l'individualité de chacun en ne reconnaissant que des citoyens strictement égaux, sujets de droit et jouissant de toute les libertés que leur offre la dite Constitution, est le cadre idéal où devraient s'épanouir une société qui, au lieu de se vouer au soutien aveugle de causes, de dogmes ou d'idéologies parfaitement antinomiques entre eux, se fonderait légitimement sur l'engagement mutuel d'individus prêts à s'organiser pour vivre un destin commun, en paix et en bonne intelligence.

 

Laisser aux croyants le champ religieux et aux citoyens l'espace commun.

 

Utopique ? Peut-être ! Mais qui ne voit que c'est ce combat qu'il faut mener, un combat pour/par et sur l'intelligence et la mise de côté des religions qui ne sont et ne seront jamais que des structures fermées excluant de leur champ toute personne qui n'est pas un adepte dûment authentifié. Il faut laisser aux croyants le champ religieux et au citoyen – sa doublure – l'espace commun où s'exerce le champ de la politique. La conscience de la citoyenneté est fondée sur la capacité de l'homme d'être d'autant plus libre qu'il est solidaire, tout en respectant la singularité de l'Autre. La République n'a que faire des restrictions inhérentes au religieux, ne précise-telle pas à l'article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958, : « La France assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. », elle est donc et sera toujours le lieu idéal de tous les développements, y compris personnels, du fait même de sa position au-dessus des dogmatismes délétères.

 

Un cadre réglementaire, au demeurant fort protecteur, au sein duquel peut et doit se déployer la liberté de conscience, de culte et de pensée.

 

Pourtant que contemplons-nous aujourd'hui si ce n'est un pouvoir politique faible et peu assuré de ses idéaux, un discours sur la laïcité totalement biaisé, car il y a longtemps que des logomachies incessantes et vaines ne cessent d'en faire qui une pseudo-religion, qui une pseudo-philosophie, quand elle n'est que le cadre réglementaire, au demeurant fort protecteur, au sein duquel peut et doit se déployer la liberté de conscience, de culte et de pensée avec comme limite intangible la tranquillité publique et l'ambition de vivre libres ensemble.

 

C'est pourquoi les signes ostentatoires religieux trop souvent brandis par provocation doivent -être réglementés quand ils troublent l'ordre et la tranquillité publiques, car ils sont la manifestation provocatrice d'une adhésion à une conception fondamentaliste de l'islam que l'on peut aisément qualifier de posture quasi délictueuse dans la mesure où ils concrétisent la discrimination sexiste la plus évidente – les femmes ont ici les mêmes droit que les hommes. Il faut se lutter contre une minorité agissante qui entend gâter l'espace public par sa conception extrémiste et totalitaire de la doctrine musulmane. Ses combat n'est pas une guerre entre « chrétiens », traités au passage de croisés, et musulmans brimés par les mêmes, mais entre nous, et avec le concours des nombreux compatriotes de confession musulmane, qui aimons notre liberté, notre façon de vivre et respectons les lois de la République et une idéologie perverse partie à la conquête du monde avec des outils abjectes.

 

Orlando