Vous dites chevalier?

« Vous avez dit Chevalier ? ».

Balustre présenté au 30è degré.

 

Au cours de ce balustre nous allons examiner successivement le chevalier idéal, le chevalier médiéval et le chevalier maçon, singulièrement le Kadosh, afin d'avoir le recul nécessaire, car les concepts outrageusement standardisés induisent trop souvent en erreur.

 

On trouve l'origine des aventures de chevalerie dans la chanson de geste médiévale qui chante les exploits inouïs de personnages hors du commun, mais bien avant, aussi dans les épopées homériques, celle de la Toison d'or, les travaux d'Hercule, les aventures de Gilgamesh ou, plus près de nous, sur le mode parodique, celle de don Quichotte. Toujours confrontés à de redoutables ennemis : des géants, des dragons ou, au pire de tous, eux-mêmes, ils sont parfois accompagnés d'un compagnon qui les représente en creux, tels Enkidu pour Gilgamesh ou Sancho Pansa pour don Quichotte. Il nous y est conté l'histoire extraordinaire de hauts faits héroïques, de guerres épiques, de drames émouvants et de la grande piété d'illustres personnages plus ou moins légendaires, détenteur de hautes qualités morales.

 

Le chevalier est un être tourmenté, son quotidien est fait du drame de l'orgueil, du martyre consenti ou subi, de vœux inviolables et extravagants qui le hissent en des hauteurs hors du commun.

Au plan pratique, dès les XIè et XIIè siècles, la morale chrétienne s'empara de la légende avec l'objectif d'arrondir les angles de la férocité naturelle du chevalier qui, à l'origine, est un guerrier et le maître des batailles, en tout cas jusqu'à l'invention de l'artillerie et de la mousqueterie. Aussi ne sera-t-on pas étonné de le voir aux prises avec les Sarrazins (ennemis de la chrétienté) dans des batailles sanglantes où il lutte seul contre des nuées d'ennemis. Ainsi de Roland à Roncevaux, capable de séparer en deux, d'un seul coup d'épée, cavalier et cheval ! Orgueilleux et dur, emporté, mais généreux, cultivant un mépris absolu du profit, il est doué d'une forte personnalité qui peut le conduire - qui s'en étonnera ? - à se rebeller contre une autorité injuste et brutale qui le persécute et le jalouse. Du côté obscure de la force, comme on dit dans cette autre saga chevaleresque qu'est la « Guerre des Étoiles », il peut aussi n'être qu'un renégat, chevalier déclassé, sacrilège et possiblement bâtard, en mal de reconnaissance, mais sous la mauvaise influence d'ambitieux manipulateurs, de sorciers ou de fées maléfiques. Ainsi les auteurs de ces gestes-là – tel Chrétien de Troyes, le spécialiste de la fin'amour - brodent-ils à l'envi sur la tension entre le preux guerrier et le sage potentiel en quête d'apaisement, entre la nécessité de combattre le mal et un certain détachement, voire lassitude, dus à la longue expérience du conflit. C'est que l'hubris n'épargne aucun héros, aussi quand celui-ci fait preuve d'orgueil et de démesure, est-il durement sanctionné et contraint à une pénitence humiliante. C'est ainsi que pour sauver Guenièvre, rien ne sera épargné à Lancelot : il accomplira des prouesses inouïes, épreuves qui constitueront pour lui une sorte de parcours initiatique. Il dut notamment monter sur une charrette, insupportable signe d’opprobre pour un preux, laissant ainsi son orgueil de côté afin de sauver sa reine. Il traversera à ses risques et périls le Pont de l’Épée, fait d'une immense épée, posée entre les deux rives d’une eau noire et glacée, dit la légende, tranchante comme un rasoir. Il pourra, ce faisant, libérer sa chère Guenièvre, qu’en bon féal, il ramènera à Arthur, le légitime époux... Glorification et soumission et omniprésence la « Dame de cœur » sont le moteur décisif. Cela dit, il n'y a pas de « chevalière », la chevalerie est un monde d'hommes et Jeanne d'Arc ne fut jamais adoubée, bien qu'ayant combattu et commandé à la guerre. Éternel sexisme, comme on ne disait pas en ces temps là.

 

Concrètement, pour qui n'était pas bien né, l'adoubement à la chevalerie était la clé pour forcer l'entrée dans la noblesse. Bonaparte s'en souviendra qui créa, l'Ordre de la Légion d'honneur et, devenu Napoléon, une noblesse d'Empire à large spectre dans le même esprit que d'autres avant et après lui. L'objectif étant toujours le même : créer et flatter une élite, priée d'être fidèle au pouvoir. Mais le geste anoblissant exige, pour être concrètement admis et reconnu, de se plier à des règles très précises : vaillance, loyauté, largesse (au moins pour la montre), courtoisie (au moins pour la galerie), insouciance, mais aussi interdit du labeur, sous peine de déroger.

 

Ne nous y trompons pas, les chevaliers, historiquement, étaient des guerriers qui, lorsqu'ils n'étaient pas engagés, payés et mobilisés par un prince, ne travaillaient pas et vivaient sur la paysannerie qu'ils exploitaient allègrement et sans complexe. Raymond Lulle, le concepteur du projet RexBellator, censé mettre sous commandement unique tous les ordres guerriers de son temps : Teutoniques, Templiers, Hospitaliers et autres, écrivit : « Il convient que le chevalier, qui chevauche et mène l’existence d'un seigneur, tire son bien-être de ce qui fait le travail et la peine des hommes ». Manière d'absoudre par avance le chevalier qui se faisait un devoir de gaspiller allègrement les richesses d'autrui, en gaspilleur munificent, inconscient et cynique. Nous sommes loin de la légende, mais ce détours par l'histoire a son utilité. Il suffit de considérer les sociétés médiévales telles que décrites notamment par Georges Dumézil dans son « Jupiter, Mars, Quirinus » qui montre l'activité humaine organisée en trois fonctions, correspondant : au domaines religieux - la fonction sacerdotale ; au domaine guerrier - la défense du fief, du royaume et de son peuple ; et au domaine économique - la fonction productrice liée à la fécondité, qui sont exercées comme des pouvoirs séparés et hiérarchisés, mais qui, infine, font reposer sur l'économie, alors principalement rurale, la prospérité des deux autres. À la différence des paysans, la bourgeoisie urbaine a su négocier des chartes avantageuses lui évitant d'être trop violemment pressurée.

Notons aussi, que les ordres de chevalerie, notamment les Templiers et les Hospitaliers, suscités et protégés par l'Église, inventèrent une forme d'économie pré-capitaliste, embrassant tant l'agriculture que la banque, plutôt rationnelle et bien pensée qui les dota de conséquentes richesses et d'une insolente prospérité.

 

Il est temps pour nous de résumer les devoirs du chevalier de la geste, pour ensuite les comparer aux nôtres.

La courtoisie : parallèlement aux devoirs envers son seigneur, le chevalier de la légende s'invente des devoirs envers sa « Dame » à travers un amour, platonique le plus souvent, mais pas toujours. Lancelot du Lac, dont on vient de parler, après avoir sauvé sa reine des griffes de Méléagant, éperdument amoureux, succomba à la chair et commit l'adultère, ce qui lui valu bien des tourments. Cette histoire est emblématique de ce que le temps entendait par chevalerie. Au déchaînement des forces du mal pouvaient seules répondre l'intégrité et la simplicité et c'est bien pieds et mains nues, comme on l'a vu, qu'il passera la Pont de l'Épée. Mais, dit la légende, « le guérit et l'apaise Amour qui le conduit et le mène ».

 

Générosité, Sagesse, Fidélité, Courage, Bienveillance, telles seraient, outre la Courtoisie, les vertus principales de notre héros. En effet :

Il doit se repentir de toutes ses faiblesses et se défendre contre elles. Aimer le pays où il est né, ne pas reculer devant son ennemi, ne pas mentir et respecter la parole donnée. Être généreux et partager. En tout temps et en tout lieu, être le champion du Bien et de la Justice contre le Mal et l’Injustice, être le redresseur de torts, celui qui apporte réparation. Il doit venir en aide aux faibles, aux opprimés et aux démunis. Enfin, il ne doit pas être prétentieux, mais humble en toute circonstance, tout en restant ferme face à l’adversité, sans jamais perdre courage.

 

Je ne sais pas ce que cela éveille en vous, mais pour moi, tout cela résonne comme une petite musique familière et cent fois entendue en nos Temples. Ce n'est sans doute pas par hasard si du 1er au 30è degré le RÉAA compte 9 chevaliers, du Sublime Chevalier Élu au Chevalier Kadosh, soit presque un tiers de nos degrés. Il faudrait beaucoup de mauvaise foi pour passer cela par pertes et profits.

 

Pour autant, voyons ce qu'il en est vraiment.

 

Le rituel du 30è précise, dès l’ouverture des travaux, que les Chevaliers Kadosh sont venus pour chercher la « Lumière de la liberté pour ceux qui n'en abusent pas », la « Réparation pour tous les hommes qui, dans leur chair ou dans leur esprit, ont souffert de l'iniquité, pour que soit restitué leur droit et leur dignité ». Le chevalier Kadosh entend aussi qu'il a le « devoir de combattre l’injustice et l’oppression, d’où qu’elles viennent et à tout instant ». Car, travaillant de nuità « l’heure à laquelle, à la faveur des ténèbres, les puissances du mal se répandent sur la terre », il lui est rappelé que son devoir, comme celui de ses Frères, est de gagner les postes de veille pour s’opposer à leurs maléfices.Combattrel'oppression - Combattre l’injustice - Chercher la lumière de la vérité, tel est l'ardente obligation du Kadosh ! Beau programme qui débouche plus tard sur une manière de manifeste politique, une authentique feuille de route, que nous appelons « Obligation », texte très musclé comme on sait et qui, conscient néanmoins des immenses difficultés qu'il suscitera dans sa mise en pratique, prépare la célèbre devise : « Fais ce que dois, advienne ce que pourra ».

 

Considérons cet extrait de l’Obligation du grade :

  • Sur mon honneur et ma conscience, je promets de consacrer tous mes efforts, autant qu’il sera en mon pouvoir, à l’acquisition de la Connaissance qui mène à la Sagesse, animée par la Science, éclairée par la Conscience.

  • Je promets de refuser toute dictature, quelle qu’elle soit, et de m’y opposer.

  • Je promets de résister à tout asservissement de la personne, de la pensée, de l’esprit.

  • Je promets de répudier toute volonté de puissance, cause de guerre, de conquête, de domination, qui trouble la paix et prive les peuples de la liberté de disposer d’eux-mêmes.

  • Je promets de contribuer à la réparation des maux issus de tous les excès de pouvoir.

  • Je promets de régler mes actes selon l’Amour de la Vérité et l’Amour de l’Humanité.

 

Voilà un admirable, mais bien contraignant serment qui ajoute aux vertus que nous avons rencontrées en disséquant le profil du chevalier idéal, et que nous faisons nôtres, l'obligation de s'appuyer sur « la Connaissance qui mène à la Sagesse, animée par la Science, éclairée par la Conscience ». Le Chevalier-maçon est donc un être qui non seulement n'est pas asservi à un maître, mais qui assume une liberté issue de l'exercice de sa raison et qui se met spontanément au service d'autrui. La fin vécue par le Lieutenant-colonel Beltrame en est sans doute une illustration dramatique. Bien que j'ignore le degré auquel ce Frère d'une autre Obédience était parvenu et que la prudence la plus élémentaire commande de ne pas entrer dans les controverses récupératrices qu'on sait : maçon, chrétien ou républicain ? Ou simplement homme de qualité étant tout cela à la fois ? Il y a, c'est indéniable, du chevaleresque dans cette façon de risquer sa propre vie en échange de celle d'une otage.

 

Idéalement, ni la richesse, ni le pouvoir, ni les plaisirs ne sont censés procurer au Chevalier Kadosh satisfaction et béatitude, car tout cela est trop dépendant des caprices et des circonstances, cette part d'aléatoire que nul ne maîtrise. De cela il a pris conscience tout au long de sa progression initiatique. Il est devenu cet adepte de la libération par la raison et a substitué au concept de vie éthique, cette quasi inaccessible étoile, le concept d'éthique de vie, conforme au fameux : «  Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors (…). [Mon] plus grand et glorieux chef-d’œuvre, c'est vivre à propos », de Michel de Montaigne. De même peut-il dire, avec Simone Weil , cette fois sur le plan spirituel : « On n'entre pas dans la vérité sans avoir passé à travers son propre anéantissement : sans avoir séjourné longtemps dans un état d’extrême et totale humiliation ». L'habitent donc l'humilité, mais aussi la lucidité, l'une n'allant pas sans l'autre, car sa conscience lui dit que son pire ennemi est l'orgueil, dans lequel chacun peut, à tout moment sombrer, et cela pour son plus grand désagrément, si ce n'est sa plus grande honte, si la vie le remet sans ménagement à sa juste place. Ne s'agit-il pas pour lui, au bout du compte, de faire de sa vie une œuvre d'art ou du moins de s'y efforcer ?

 

Pour l'heure, observons que le Kadosh est un actif, toujours en mouvement qui aime se réunir avec ses Frères au sein d'un campement militaire, par nature provisoire, ce qui accentue son côté nomade de chevau-léger missionné par le contraignant : « Allez dans le monde, seul, responsable devant votre conscience faite de connaissance et d’amour. Nous n’avons pas de mot d’ordre à vous donner. Tant que vous agirez en conformité avec nos principes, vous ne pouvez pas vous tromper. Ce n’est pas tant de notre Ordre que vous devenez le défenseur, mais de ce que notre Ordre représente et de ce qu’il sert. A travers lui, vous êtes le soldat de l’Universel ».

 

En ce XXIè siècle, un guerrier de cet acabit ne manque pas de sujets d'inquiétude, aussi déploie-t-il sa vigilance et met-il en place sa résistance aux errements d'une société désormais sans repères autres que ceux relevant de l'égoïsme universel, de l'individualisme exacerbé et du « à-quoi-bonisme » ambiants. Le monde marche vers des déconvenues de longtemps dénoncées, sans que cela semble déranger politiques et économistes en charge de notre bien-être et, néanmoins pour la plupart, chauds partisans du Veau d'Or, l'éternelle idole propre à asservir le plus grand nombre à une élite auto-proclamée et jouisseuse. Le Kadosh ne peut s'y résoudre. Il doit agir. Et son action trouvera sa source dans la conscience qu'il a de la mission qu'il a reçue et acceptée et de la responsabilité qu'il a envers autrui, et plus généralement envers l'Humanité toute entière. Il ne peut donc se contenter de formuler ses critiques en égoïste solitaire et détaché, il doit les partager et les faire connaître aux autres, afin de les éclairer, autant que faire se peut, d'où cette grande ambition, que j'énoncerais ainsi : « Savoir et faire savoir, Chercher et encourager à chercher, Douter et pousser à douter, Comprendre, Agir, Aimer, Éduquer et transmettre ». Oui, éduquer et transmettre ! Éduquer pour déciller les victimes de toutes tyrannies, qu'elles soient spirituelles, économiques ou politiques. Le Kadosh réclamera donc sans faiblir la justice et la liberté pour tous, il deviendra ce redresseur de torts qui réclame la réparation des injustices et des autres mauvais traitements qui nous abîment.

 

À l'instar des chevaliers du cycle arthurien qui cherchaient le Graal ou l'Amour, le Kadosh est aussi un cherchant. Sa quête à lui, c'est la Vérité, bien qu'il sache qu'il n'est que des vérités transitoires et fragiles. La devise du Prince d'Orange, Guillaume de Nassau, lui parle qui dit : « Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ». C'est donc en toute d'humilité et en d'humaniste bienveillant, armé de sa persévérance, dépouillé de ses préjugés et autres a priori, qu'il gravit à son rythme cette échelle censée le mener à la Connaissance, à la Science et à la Sagesse. Le Nec plus ultra du Kadosh est celui de la raison, autrement dit celui de la vision juste et droite. Beaucoup de qualités pour plus encore de devoirs.

 

Voilà pour l'idéal, mais concrètement, ici et maintenant, qu'en est-il de la possible tension entre le citoyen auteur, acteur, objet et sujet de droit et l'individualiste, proclamé solitaire, qu'est le Chevalier Kadosh?

 

La liberté absolue de conscience que nous pratiquons, débarrasse et exonère le citoyen du droit canon qui prétend que l’homme, du fait qu'il est pécheur n’a pas de droits et que les seuls droits sont ceux de Dieu, façon classique de nier le droit naturel attaché à l’homme, pour la seule raison qu'il est un homme qui le détient par nature, c'est le jus naturalis, lequeldiffère du droit positif, droit voulu et écrit, dans le cadre de la démocratie, par le citoyen ou ses représentants. Le citoyen est donc de facto l'acteur central et indispensable au fonctionnement de la démocratie, bien sûr, mais aussi, et plus généralement, des sociétés civilisées organisées, non totalitaires et/ou tyranniques. Il me semble que l'un ne saurait être exclusif de l'autre.

 

J'espère être bien compris en abordant la différence que je perçois entre privé et public. Rousseau s'y était attelé, qui écrivit qu’il y a deux personnes en chaque individu, la publique et la privée. La personne publique est celle dont la sphère d’action a des conséquences pour autrui, alors que pour la personne privée la sphère d’action est sans incidence sur autrui. L'homme libre est débarrassé de tout magistère, autre que celui de sa morale, lequel le plierait à ses volontés. Si les hommes sont donc par nature libres et égaux, ce que personnellement je crois, la liberté et l’égalité ne découlent plus du bon vouloir du prince. Cette conception fait du citoyen l'acteur publique qui accepte de limiter sa liberté dans le cadre du « Bien public ». En conséquence, les lois publiques ne sont pas de même pertinence et effets que la loi naturelle, aussi devons-nous tenir compte de ce distingo. C'est ainsi, pour donner un exemple, que la laïcité, et son corpus législatif, existe comme liberté attachée à la qualité de citoyen, et non à celle d’individu. C’est une liberté qui n’existe pas comme droit naturel, parce qu’elle est instituée dans le cadre d’une communauté politique souveraine, qui en décide pour l’ensemble de ses membres. C'est une liberté, liée, encadrée et limitée par la notion « d’ordre public », donc de « l’intérêt général ». Une liberté que définissent, ensemble, les citoyens, réunis par leur volonté commune de constituer un ordre politique spécifique, distinct de tout autre. Une liberté qui tient à distance, au nom de la raison, toute possibilité d’influence, d’interférence ou de contrainte de l’individu par tel ou tel intérêt particulier, au premier chef par celui de tel ou tel culte ou de telle philosophie. Il s'agit de tenir en respect les particularismes habités de tendances hégémoniques et de se conformer, en conscience, à l'universalisme républicain, vrai rempart contre les communautarismes, diviseurs par essence. Selon cette conception, le droit à la différence, attaché à l'individu, n'implique pas une différence de droit.

 

Je conclurai de ce qui précède que la feuille de route du Chevalier Kadosh, son obligation, s'inscrit sans grand dommage dans cette vue du citoyen agissant, auteur et acteur, voire protecteur de la société qu'il entend faire prospérer. Certes, on lui a dit que désormais il était seul et on l'a missionné pour aller de part le monde faire prospérer les vertus maçonniques et chevaleresques, pour autant je ne vois rien de rédhibitoire entre notre obligation et l'exercice bien compris de la citoyenneté républicaine. Cette chevalerie là, moins individualiste et plus tournée vers le « bien public », est bien de notre siècle, elle est bien la nôtre. Du moins je le pense.

 

J'ai dit.

 

Orlando

Mai 2018