Un tropisme inquiétant

 

Un tropisme inquiétant.

 

Depuis le discours aux évêques, prononcé aux Bernardins par le président Macron, dans lequel il évoquait le lien abîmé entre l’Église et l’État (dans cet ordre, il faut le noter! ), c’est un lien « qu’il nous importe à vous et à moi de [...] réparer », ajoutait-il. Chacun a bien compris que la laïcité compte pour rien dans sa pensée politique, bien au contraire, il la pense comme une entrave. C’est pourquoi il développe un tropisme concordataire de plus en plus évident.

 

Difficile de ne pas voir cette logique effrayante dans l’annonce de la présentation début 2019 d’une loi remettant en cause la loi de Séparation, non plus d’ailleurs dans la récente déclaration du premier Ministre qui ne voit pas en quoi cette loi serait taboue.

 

La République sous Macron cesse peu à peu d’être laïque.

 

En effet, prétendre organiser un culte, fût-il musulman – lequel au juste, il y en a tant ? - est une aberration qui conduira l’état à des acrobaties à base d’ingénierie cultuelle (en décidant de cette qualité (?) pour 5 ans), immobilière en modifiant l’art-19 de la loi de 1905, par exemple permettant de gérer des immeubles à objet lucratif comme cela a été tenté au printemps dernier ou en autorisant l’accès aux subventions pour l’immobilier cultuel ; théologique enfin, en décidant qui d’entre sunnites,salafistes, soufis ou wahhabites, par exemple, méritent d’être organisés par l’état. Sur quels critères ? Et que feront les oubliés ?

 

Si ce projet va à son terme, soyons assurés que toutes les églises, de toutes obédiences et de toutes confessions se précipiteront pour obtenir les mêmes avantages, signant le décès tant espéré de l’état laïque.

 

« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Mais elle nous garantit la liberté de penser, d’opinion et de culte depuis 113 ans, faisant de notre pays un état moderne, débarrassé des entraves et des ingérences confessionnelles.

 

Il faut que cela dure.